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MON OREILLER

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V5.5

Il attend que la nuit tombe Sans un bruit. Il connaît l’heure où je faiblis, Il accueille la lourdeur du jour, Les swevens du dormeur Il a la forme de mes nuits, Le creux parfait, l’envers tiédi. J’aime mon oreiller, mon confident de plume, Celui qui ne s’en va pas quand tout se délite Il boit mes silences, garde mes secrets, Sans lui, mon sommeil ne serait jamais vrai. Il a connu mes yeux rougis, Mes insomnies, mes jours sans prix. Parfois je le serre très fort, Comme un rempart contre la mort. Il sent le linge et l’abandon, La tendresse sans les murmures J’aime mon oreiller, mon confident de plume, Celui qui ne s’en va pas quand tout est délitescence Il garde mes secrets, Il boit mes silences Sans lui, mon sommeil ne serait jamais vrai. Et quand l’orage gronde au-dehors, Quand même mes rêves ont tort, Lui ne bouge pas, lui ne ment pas. Il est le seul, au bout du monde, A accueillir ma tête ronde Sans me juger, tout bas. Alors je l’emporte partout, Dans mes valises, mes départs flous. Mon oreiller doux, mon presque tout. Je ferme les yeux. Il est là. J’entends son souffle de ouate et de larmes. J’aime mon oreiller. Voilà. 2026©️@elaine_ln/LnP.Tous droits réservés