[VERSE1] Dans le quartier tout suit son cours Monsieur Marcel repeint les jours En bleu à pois les lundi soirs Pour éviter les idées noires La boulangère chante aux radis Pour qu’ils poussent mieux le mardi Et le facteur parle aux maisons C’est plus poli que les balcons Moi j’trouve ça plutôt rassurant Les habitudes des bonnes gens Ce qui me gêne un peu parfois C’est ceux qui marchent vraiment droit [Refrain] Y’a des gens bizarres au bout du couloir Qui gardent la tête toute nue le soir Ils parlent très bas, ne regardent plus le ciel Comme s’ils avaient peur des hirondelles Nous on met nos entonnoirs en fer blanc Pour protéger les rêves du vent C’est important depuis longtemps Enfin… c’est évident pourtant [VERSE2] Roger collectionne les éclairs Dans des bocaux près de la serre Je l’aide parfois après dîner Quand les orages veulent tomber La dame au troisième nourrit l’ascenseur Avec du beurre et des fleurs Sinon il pleure toute la nuit En faisant des bruits de brebis Mais les gens bizarres du bâtiment C Restent assis sans jamais chanter Ils boivent leur café sans sucre Franchement… faut être dérangé [FINAL CHORUS] Y’a des gens bizarres au bout du couloir Qui gardent la tête toute nue le soir Ils parlent très bas, ne regardent plus le ciel Comme s’ils avaient peur des hirondelles Nous on met nos entonnoirs en fer blanc Pour protéger les rêves du vent C’est important depuis longtemps Enfin… c’est évident pourtant [BRIDGE] Hier y’en a un qui m’a demandé Pourquoi j’portais ça sur la tête J’lui ai dit : “Pour pas que mes pensées S’envolent pendant les tempêtes” Il m’a regardé tristement Comme on regarde un pauvre enfant Alors j’ai compris d’un seul coup Qu’il devait être complètement fou [OUTRO] À vingt-deux heures les infirmiers Ont éteint toutes les étoiles Et dans la chambre aux murs mouillés On a rangé nos entonnoirs Marcel parlait encore aux chaises Roger dormait sous le lavabo Moi j’ai fermé les yeux très fort Pour pas subir le même sort…