
Le Sang des Jours Ils parlent d’un ton sec de nos fils qu’on envoie, Comme on pousse un pion dans l’ombre de la voie. Leurs paroles trop brèves oublient le sang des jours, Et les mères éplorées au rythme des tambours. Eux, qui n’ont jamais vu le front blême d’un père Regardant son enfant marcher vers la lumière, Feignent de ne sentir ni le poids, ni la loi De ces pas qui s’en vont quand la patrie a soif. On ne meurt qu’à bon droit pour défendre la terre, Ou prévenir la rage où s’enivre la guerre. Alors l’âme se dresse et présente son front. Mais nul chef ne devrait brandir l’acier des armes, Sans voir son propre fils sous l’orage et les larmes, La chair vive arrachée sous le feu des canons. Vincent Bru, 20 novembre 2025

