
[Intro — voix très proche, piano feutré] J’ai entendu toutes tes chansons. Je me suis reconnue dans beaucoup d’entre elles. Et pourtant, je ne peux pas empêcher cette voix de revenir me murmurer : Pourquoi ? Pourquoi il voit tout ça en moi ? Il se trompe sûrement. [Couplet 1] Je ne mérite peut-être pas ça. Je ne mérite pas une si jolie personne. Je ne mérite pas autant d’attention. Et parfois je me dis que je ne te mérite sans doute pas. Je sais ce que tu vas répondre. Tu me diras le contraire. Et je t’entendrai. Sur l’instant, je te croirai peut-être. Mais cette voix reviendra me demander encore ce que tu peux bien voir en moi. [Pré-refrain] Quand on s’est rencontrés, j’ai senti quelque chose. Une alchimie. Une attirance inexplicable. Je n’avais pas besoin de toi. Et tu n’avais sûrement pas besoin de moi. C’est beau de se mentir. C’est facile de dire qu’on n’a besoin de personne quand on ne sait pas encore qu’une personne comme ça existe. [Refrain] Tu m’as attirée comme la Lune attire les marées. Quelque chose d’invisible me ramenait toujours vers toi. Et moi qui n’écris jamais la première, qui attends toujours qu’on vienne vers moi, j’avais envie de revenir vers toi. Encore. Sans savoir pourquoi. Nous étions si loin, nous étions si proches. Loin dans nos vies, loin dans nos réalités, et pourtant parfois tu semblais juste à côté. Et je ne savais pas encore jusqu’où nous allions monter. [Couplet 2] J’avais envie de te faire entendre ma voix. Pour une raison que moi-même je n’explique toujours pas. Alors je t’ai chanté des chansons. Pas celles que je chante facilement. Celles que je ne chante que dans mon cœur. Celles que je ne chante devant personne. Et chaque matin, je t’envoyais bonjour. Pas par habitude. Pas parce qu’il le fallait. Mais parce que ça m’ensoleillait de te l’envoyer. Parce qu’avant même que la journée commence vraiment, j’avais déjà cette petite lumière : savoir que mon bonjour allait arriver jusqu’à toi. Un simple message. Quelques mots à peine. Mais ils éclairaient mes matins rien qu’en sachant qu’ils étaient pour toi. [Couplet 3 — chaleureux, intime] Tu as vu en moi des choses que je ne voyais plus. Parce que depuis longtemps, je m’enfermais dans mes émotions. Je les cachais. Je les rangeais. Je les enfermais assez profondément pour ne plus avoir à les regarder. Je ressentais tout, mais je ne m’écoutais plus. Je savais tenir. Je savais sourire. Je savais continuer. Je savais surtout faire comme si tout allait bien. Mais je ne savais plus vraiment comprendre ce qui se passait en moi. Et puis tu es arrivé. Tu ne m’as pas expliqué qui j’étais. Tu ne m’as pas dit ce que je devais ressentir. Tu as simplement ouvert quelque chose. Tu m’as fait parler. Tu m’as fait écrire. Tu m’as fait chanter. Et tout ce que j’avais enfermé a commencé à respirer. Tu n’as rien créé. Tout était déjà là. Mais avec toi, j’ai recommencé à l’entendre. Et quelque part entre nos conversations, nos chansons et nos silences, tu m’as permis de me comprendre là où moi, je ne m’écoutais plus. [Pré-refrain] Et puis nous nous sommes envolés. Très haut. Toi et moi. Peut-être trop haut. Assez haut pour oublier pendant quelques instants que nos réalités étaient toujours en bas. Et qu’un jour elles nous rappelleraient. [Refrain] Tu m’as attirée comme la Lune attire les marées. Quelque chose d’invisible me ramenait toujours vers toi. On parlait pendant des heures. On jouait pendant des heures. On riait. On écrivait. Et nous étions si loin, nous étions si proches. Des kilomètres entre nous, deux vies différentes, deux quotidiens qui ne se touchaient presque pas. Et pourtant, dans certaines nuits, dans certaines chansons, dans certaines conversations, j’avais l’impression que la distance n’existait plus. Que tu étais juste là. Assez loin pour ne pas pouvoir te toucher. Assez proche pour sentir quand quelque chose changeait. [Couplet 4] Alors j’ai écrit des chansons. Des chansons qui disaient : laisse aller. Ne réfléchis pas. Laisse simplement les choses exister. J’ai écrit des chansons heureuses. Des chansons légères. Et puis des chansons un peu moins heureuses. Parce que quelque part, je savais. Je savais que nous étions montés haut. Et que la réalité n’avait pas disparu. [Instrumental transition — suspended, unresolved]

