
[Intro] Dans le port de Martine un vieux filet parlait bas et la lune sur l’eau avait des dents de nacre [Verse 1] Mon grand-père m’a dit “Ne siffle pas sur la jetée” la mer écoute les noms qu’on laisse tomber au fond J’ai vu des bottes vides marcher sur le sable mouillé et chaque pas disait “rentre avant le froid” [Pre-Chorus] Mais moi, j’ai suivi la trace noire entre les coques un parfum de varech dans le cou du vent Puis j’ai entendu une chanson sous les planches comme une gorge ancienne qui m’appelait par mon sang [Chorus] Le monstre de Martine (Le monstre de Martine) il dort sous les filets et compte nos prières Le monstre de Martine (Le monstre de Martine) ouvre un œil de sel quand mon cœur se perd [Verse 2] Au bout du brise-lame j’ai trouvé une femme sans face sa robe était tissée avec des algues et des lunes Elle m’a montré du doigt un trou dans la coque d’un bateau où nageait un enfant avec des mains de brume Il riait sans bouche et les mouettes se taisaient comme si le ciel entier avait peur de lui [Pre-Chorus] Alors j’ai compris ce que mon oncle avait caché le monstre n’était pas loin il vivait dans nos noms Chaque deuil qu’on enterre revient frapper aux vitres et la mer rend toujours ce qu’on lui vole un jour [Chorus] Le monstre de Martine (Le monstre de Martine) il dort sous les filets et compte nos prières Le monstre de Martine (Le monstre de Martine) ouvre un œil de sel quand mon cœur se perd [Bridge] J’ai plongé sans lampe dans la bouche de l’écume j’ai vu des visages pris dans des nœuds de corde Des amants, des marins des mères au regard de rouille tous chantaient mon prénom dans la gorge du noir Et la bête est venue douce comme une marée pas un mal, pas un roi juste la faim de rester [Final Chorus] Le monstre de Martine (Le monstre de Martine) il dort sous les filets et compte nos prières Le monstre de Martine (Le monstre de Martine) si tu l’appelles trop fort il apprend ton cœur

