
On dirait que le soleil S’est couché comme un tapis Un peu partout. Je n’en crois pas mes oreilles : C’est d’en bas qu’il éblouit, C’est de chez nous ! —-- On dirait que, fatigué D’être là-haut tout le temps Avec le bleu, Le jaune a voulu draguer Tous les verts de ce printemps, Qu’aventureux, —-- Il s’est déployé ici De toute sa joie de vivre, S’est étendu, Rayonnant, éclatant signe : On dirait bien qu’il est ivre Et résolu —-- À faire le paon sur la terre, À séduire le monde entier… Surtout le vert Qui ne peut plus que se taire, Ébloui par cet altier Célibataire. —-- On dirait que le soleil S’est couché sur la prairie, Lui fait l’amour Dans un concert sans pareil D’un million de canaris Et de tambours, —-- De cymbales et de trompettes, De grelots éblouissants Et tout, tout vibre, Intense tableau de fête, Tournoyant, étourdissant, Lié et libre. —-- Jouissez, le jaune et le vert ! Jouissez, le ciel et la terre Et tous les yeux ! Ne laissez pas les pervers Salir ce que tous espèrent Et craignent un peu… —-- Ne laissez pas les aveugles Vous recouvrir de leur ombre : Brillez plus fort ! Et que tous vos troupeaux meuglent Sans laisser les sourds, en nombre, Vous donner tort ! —-- Ne laissez pas les jaloux Vous priver de ce printemps Illuminé ! Couchez-vous un peu partout Et prenez tout votre temps Pour vous aimer ! —------- © Arthur Sens 2003 (même si publié en 2026) Paroles originales, tous droits réservés

