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J’aurai essayé

J’ai marché bien longtemps sans jamais trop savoir, Où mes pas hésitants voulaient bien m’emmener, J’ai suivi des chemins, j’ai marché au hasard, Rien que pour pouvoir dire que… j’aurai essayé ! J’ai connu des matins où je criais victoire, Et aussi de ces nuits où j’ai tout regretté, Mais au fond de chacune de mes grandes histoires, Me restait cette idée : oui… j’aurai essayé ! J’aurai essayé, sans aucun détour, Même quand la vie me jouait des tours, Et j’aurai tenté d’être un peu vivant, Bien plutôt que sage en me résignant, Et si j’ai perdu bien plus que gagné, Je n’ai pas voulu cesser d’avancer, Car sur mon chemin plutôt cabossé, J’aurai la fierté… d’avoir essayé ! Aujourd’hui mes passions se font plus silencieuses, Mes rêves sont plus sages et mes nuits plus sérieuses, Il y a des horizons que je ne verrai pas, Des élans que le temps ne m’accordera pas. Mais je n’ai pas envie d’en vouloir au passé, Il m’a fait comme je suis, sans jamais m’épargner, Et je compte mes rides comme autant de trophées, Gravés par les batailles que j’ai osé livrer. J’ai cru que l’on pouvait retenir ce qui fuit, Mais tout m’a échappé… même moi, même ma vie, J’ai bâti sur du sable des projets magnifiques, Qui s’effondraient soudain dans un fracas tragique. Et chaque idée nouvelle que je croyais tenir, S’effritait sous mes doigts au moment d’la saisir, Oui, j’aurai essayé jusqu’à m’en déchirer, Jusqu’à n’être plus rien que le cri du damné ! J’aurai essayé, sans aucun détour, Même quand la vie me jouait des tours, Et j’aurai tenté d’être un peu vivant, Bien plutôt que sage en me résignant, Et si j’ai perdu bien plus que gagné, Je n’ai pas voulu cesser d’avancer, Car sur mon chemin plutôt cabossé, J’aurai la fierté… d’avoir essayé ! Et maintenant voilà… il ne me reste rien, Que mon corps fatigué et des souvenirs vains, Le temps m’a tout repris sans jamais s’excuser, Même la pauvre illusion, d’un jour… recommencer. Il n’y a plus d’envies, plus d’essais, plus d’erreurs, Plus de feu pour brûler, plus de voix, plus de cœur, Seulement ce silence, immense et dérisoire, Qui cloture sans gloire la fin de mon histoire. J’ai perdu des combats que je croyais gagner, De mes poings qui saignaient sans jamais se briser, Et dans le souffle court de mes dernières pensées, Je dirai doucement : … j’ai bien fait d’essayer… J’aurai essayé, sans aucun détour, Même quand la vie me jouait des tours, Et j’aurai tenté d’être un peu vivant, Bien plutôt que sage en me résignant, Et si j’ai perdu bien plus que gagné, Je n’ai pas voulu cesser d’avancer, Car sur mon chemin plutôt cabossé, J’aurai la fierté… d’avoir essayé ! Et si chaque victoire se remporte debout, La mort est une défaite… quand on meurt à genoux, Et dans cet ombre épaisse où je vais basculer, Il ne me reste plus… plus rien à essayer…