
La mort du chat
Il dort dans l’ombre épaisse où s’engloutit mon ombre, Froid comme un talisman rejeté par le cœur ; Son pas, jadis murmure et perfide douceur, Ne trouble plus le seuil de mon ennui qui sombre. Je l’aimais pour l’éclat de son silence sombre, Pour l’acier de ses yeux, tyrans de ma torpeur ; Il régnait, doux démon, sur l’alcôve et la peur, Prince noir qui faisait de la nuit une ombre. La Mort, avec des mains d’une lente élégance, L’a pris sans le briser, voleuse sans remords ; Je sens croître en mon sang sa funèbre présence. Car même enseveli dans l’éternel couloir, Il laisse au fond de moi, comme une noire flamme, Une griffe de nuit plantée au cœur de l’âme.

