
Vous avez beau vous défendre De ce petit dieu d’Amour, Il vous fera quelque jour Un mauvais tour, Si vous tardez à vous rendre ; Faites comme vous voudrez, Tôt ou tard vous aimerez. Sans faire la renchérie, Philis, rendez-le content : Bien qu’il ne soit qu’un enfant, Sachez pourtant Qu’on doit craindre sa furie ; Faites comme vous voudrez, Tôt ou tard vous aimerez. Quittez votre humeur mutine, Rangez-vous de son côté : Jamais nul n’a résisté, Qu’il n’ait dompté Par sa puissance divine ; Faites comme vous voudrez, Tôt ou tard vous aimerez. Si, malgré votre jeunesse, Vous méprisez son ardeur : Craignez, pour votre malheur, Que ce vainqueur Dans vos vieux ans ne vous blesse. Faites comme vous voudrez, Tôt ou tard vous aimerez.

