Intro Sous mes pas le métal respire, ça gémit dans le noir profond. Quelque chose avance sans visage, sans colère, sans nom. Des toux brisées dans les coursives, des souffles courts, presque effacés. Et dans la tôle qui se déchire, je sens la peur nous traverser. Couplet 1 Les couloirs ploient comme des nerfs, l’acier frémit contre la peau. Chaque lumière tremble et s’éteint, chaque silence sonne faux. Les ombres rampent sur les parois, se tordent, changent de contour. Comme si la nuit, cette fois, avait trouvé comment nous mordre à son tour. J’entends des voix dans la ferraille, des voix trop faibles pour prier. Des noms qui glissent, qui se défont, comme des visages oubliés. Le vaisseau saigne, le vaisseau penche, le vaisseau respire autre chose. Et dans ses flancs quelque chose marche, lentement… sans jamais faire pause. Refrain Elle s’insinue. Elle observe. Elle corrompt. Elle dévore. Elle nous appelle. Elle nous plie. Elle nous brise. Elle assimile. Elle prend nos voix. Elle prend nos corps. Elle prend nos noms. Et nous dévore. Couplet 2 L’odeur de rouille et puis de sang colle aux poumons comme un poison. L’air lui-même est devenu lourd, comme chargé d’une infection. Les valves grincent, les plaques vibrent, les cloisons battent comme un cœur. Mais ce n’est pas la vie qui lutte, c’est autre chose… une lente horreur. Aucune étoile au bout des vitres, aucun secours dans le lointain. Juste ce rythme froid, régulier, comme un dieu mort tenant nos mains. Chaque pulsation nous rapproche d’un seuil qu’on ne comprend pas. On veut courir, hurler, survivre, mais le noir arrive avant nos pas. Refrain Elle s’insinue. Elle observe. Elle corrompt. Elle dévore. Elle entre en nous. Elle nous suit. Elle nous broie. Elle assimile. Elle prend nos voix. Elle prend nos corps. Elle prend nos noms. Et nous dévore. Couplet 3 Les cris se cassent dans le vide, avalés sans même vibrer. Comme si le son, comme la chair, n’avaient plus le droit d’exister. Un néon cligne une seconde, pauvre soleil déjà mourant. Puis l’ombre ondule et le recouvre, comme une marée dans le néant. Les os se plient sous la pression, les chairs s’ouvrent dans le métal. Les corps s’effacent dans la masse, dans une logique inhumaine, brutale. Des visages flottent un instant, sans mémoire, sans regard, sans voix. Et le dernier souffle d’un vivant devient machine avant le froid. Refrain Elle s’insinue. Elle observe. Elle corrompt. Elle dévore. Elle vit en nous. Elle grandit. Elle nous change. Elle assimile. Elle prend nos voix. Elle prend nos corps. Elle prend nos noms. Et nous dévore. Pont Plus de prière. Plus de visage. Plus de passé. Plus de rivage. Seulement le fer. Seulement la nuit. Seulement ce cœur qui bat sans vie. Je sens le monde plier en moi. Je sens ma bouche parler pour toi. Refrain final Elle s’insinue. Elle observe. Elle corrompt. Elle dissout. Elle nous appelle. Elle nous tord. Elle nous efface. Elle dévore. Elle prend nos voix. Elle prend nos corps. Elle prend nos noms. Elle prend nos morts. Elle vit en nous. Elle croit en nous. Elle parle en nous. Elle assimile. Outro Un battement. Puis un autre. Puis plus rien… ou presque. Dans le silence, quelque chose respire encore.