L’Évangile arabe de l’Enfance (également connu sous le nom d’Évangile syriaque de l’Enfance ou Vie de Jésus en arabe) est un apocryphe chrétien, c’est-à-dire un écrit dont l’authenticité n’est pas établie. Dans le domaine biblique, l’expression désigne, à partir de la construction des canons, un texte jugé inauthentique par les autorités religieuses, relatant la naissance et l’enfance de Jésus avec beaucoup de merveilleux. Il pourrait avoir été compilé vers le sixième siècle et est en partie basé sur l’Évangile de l’enfance de Thomas et le Protévangile de Jacques. On pense que les sources originales de cet apocryphe étaient rédigées en syriaque vers le cinquième ou sixième siècle. Il est connu en Occident par le biais d’une version arabe, publiée par Henry Sike en mille six cent quatre-vingt-dix-sept avec une traduction latine. Le texte, bien que relatant quelque chose qui n’a jamais eu lieu, est plein de poésie : Un jour, après que Jésus eut accompli sa septième année, il jouait avec ses petits camarades, c’est-à-dire des enfants de son âge. Ils s’amusaient avec de l’argile et en faisaient des figurines représentant des ânes, des bœufs, des oiseaux, etc. Chacun d’eux se montrait fier de son habileté et se vantait de son ouvrage. Et le Seigneur Jésus dit aux garçons : « Ces figurines que j’ai faites, je vais leur ordonner de marcher. » Les petits garçons lui dirent : « Serais-tu donc le fils du Créateur ? » Et le Seigneur Jésus commanda à ces figurines de marcher, et aussitôt elles se mirent à sauter. Puis il les rappela, et elles revinrent. Et Jésus avait fait des figurines représentant des oiseaux et des petits moineaux. Il leur ordonna de voler, elles volèrent, de se poser, et elles se posèrent sur ses mains. Il leur donna à manger, et elles mangèrent ; à boire, et elles burent. Les petits garçons s’en furent raconter le fait à leurs parents. Ceux-ci leur dirent : « Enfants, ne fréquentez plus celui-là, c’est un magicien. Gardez-vous de lui, ne l’approchez plus et dorénavant ne jouez plus avec lui. »