
J’ai cru aux mots dorés, à la promesse qui brille dans le noir. J’ai confondu lumière et projecteur, amour et pouvoir. J’ai bu le miel sur les mensonges, en croyant soigner ma faim. Mais le sucre sur les plaies, ça ne guérit rien. J’ai voulu sauver des fantômes, plaire aux miroirs sans tain. J’ai voulu qu’on m’aime pour mes efforts, pas pour ce que je suis enfin. Fin du mirage, le rêve s’efface sous la rage. J’ouvre les yeux, je vois clair, dans le reflet, il n’y a que moi à faire. Fin du mirage, je rends à chacun son visage. J’arrête d’aimer mes illusions, je choisis la vérité, pas la fiction. J’ai porté des masques en série, jusqu’à oublier ma peau. À force de vouloir être choisi, j’ai perdu le tempo. Mais l’amour, c’est pas du troc, ni un contrat en sous-texte. C’est un souffle, pas une cage, un pas vers l’autre, sans contexte. J’ai cru que le beau cachait le vrai, mais la beauté, c’est quand on ne ment plus. J’ai mis fin à mes illusions, et j’ai retrouvé ma vue. Fin du mirage, le décor tombe, je reste en page. J’avance nu, sans maquillage, sans peur de perdre, sans maquillage. Fin du mirage, je redeviens transparent. Dans mes yeux, plus de mirage : juste la vie, au présent.

