
On peut vivre dans un monde perturbé par un oligarque, qui tente de briser la démocratie et de devenir un monarque. On peut vivre dans un monde où la santé mentale est troublée, par une minorité d’individus qui menacent de tout contrôler et de tout casser. C'est normal, en tel cas, de se sentir intimidé et parfois même désarçonné. C'est normal d'avoir parfois le goût de se replier sur soi et de s'éloigner. Mais il faut conserver le sens d'un équilibre intérieur, savoir se calmer, se rassurer et se ressourcer par un contact avec la nature, par la spiritualité, par des rapports à autrui empreints de civilité. Alors doucement la paix intérieure peut se réinstaller, et la reprise de contrôle sur ce qui semble vouloir nous échapper doucement se redéployer. Car le centre en soi ne peut chavirer si l'on demeure conscient de sa présence innée, depuis notre naissance jusqu'au dernier moment de notre destinée. Paix retrouvée, équilibre restauré, reprise de stabilité, redécouverte des joies et de la félicité : ce paysage intérieur ne peut se désintégrer, car il s'est constitué au fil des années. Fréquenter la nature et en être entouré, descendre en soi en toute tranquillité, aimer l'art la science, analyser l'actualité conserver des liens précieux avec les êtres aimés, constater sa résilience et son adaptabilité, toujours prêt à répandre la joie d'aimer, de partager, de comprendre et d'estimer, de promulguer et de protéger les plus faibles que soi, les gens dans la fragilité. Faire du bénévolat, découvrir la joie de donner de soi, pour continuer à soutenir la société, être un caillou blanc, doux et fier d'exister, dans le fond du torrent, au passage de l'onde au ruisseau des années, en réponse assumée de l'appel de la vie face à la vie. Un simple caillou blanc, poli par l'eau des sources, d'une paix retrouvée. « Moi je suis la voix de l'eau, de la bulle irisée de l'univers », et je m'observe cheminer au torrent de la vie, à travers la voix de l'au-delà : « bulle irisée de l'infini ».

