
Sextine - L’amour discret
2025(c) Ambre La sextine est une forme poétique fixe, inventée au XIIe siècle par Arnaut Daniel. Elle est composée de six sizains (strophes de six vers) suivis d'un tercet final (tornada). Sa particularité principale réside dans la répétition des six mêmes mots à la fin de chaque vers, lesquels sont permutés selon un ordre précis (la retrogradatio cruciata) à travers les strophes, et tous repris dans le tercet final. Les six mots : silence, rêve, cœur, l’ombre, l’amour, regard. ============================================== Je t’observe en secret, voilé de silence, Mon âme tremble douce dans un rêve, Un battement léger trahit mon cœur, Caché dans la pénombre de l’ombre, Mon désir s’éveille, porté par l’amour, Et s’efface, timide, sous ton regard. Sous ton éclat, je cherche un regard, Mes lèvres closes gardent le silence, Un vœu d’aveu s’enlace à l’amour, Mais s’évanouit, fragile, en un rêve, Mon souffle hésite au creux de l’ombre, Et palpite, discret, dans mon cœur. Un espoir s’allume au fond de mon cœur, Il croise, fugace, l’éclat d’un regard, Dans la nuit douce naît une ombre, Je tais mon chant, fidèle au silence, Et tisse en secret un ardent rêve, Qui s’enflamme, muet, pour l’amour. Un éclat dans tes yeux ranime l’amour, Mon âme s’élance, mais reste en l’ombre, Elle peint ton visage dans un rêve, Un soupir s’échappe, brisant le silence, Il s’égare, perdu, loin de ton regard, Et se noue, discret, autour de mon cœur. Dans la brise du soir palpite mon cœur, Un vœu s’élève, porté par l’amour, Il cherche en tremblant l’éclat d’un regard, Mais s’efface, craintif, dans une ombre, Mes mots s’éteignent en un long silence, Seul persiste, fidèle, un tendre rêve. Ce secret que je porte vit dans un rêve, Il bat, incessant, au fond de mon cœur, Un aveu se refuse, drapé de silence, Il s’abrite, discret, au seuil de l’amour, Et s’efface, voilé, dans une ombre, Sans jamais atteindre l’éclat d’un regard. [Tornada] Mon rêve se perd où l’ombre s’efface, L’amour vit, discret, dans mon cœur voilé, Sous ton regard, mon silence s’embrase.


