
Je creuserai la terre Pour chercher en enfer, Je monterai aux cieux, Le demander à Dieu. J’étreindrai la folie Si tel en est le prix, Je tuerai ma mémoire En brisant mes miroirs. Je laisserai mourir Mes moindres souvenirs Et détruirai ces rêves Qui me hantent sans trêve. Je chercherai l’oubli… Je chercherai l’oubli Jusqu’au bout de ma vie, Dans mille et un regards, Semblables à des trous noirs, Dans mille et un parfums, Pour effacer le tien. Je chercherai l’oubli… J’irai en Atlantide, Si c’est là qu’il réside, Ou chez les Amazones, Pour qu’elles m’en fassent aumône J’irai sur l’océan Pour supplier le vent De me vider la tête À force de tempêtes. J’irai sur ces volcans Qui sèment le néant Le chercher dans la peur, Le feu et la douleur. Je chercherai l’oubli… Je chercherai l’oubli Jusqu’au bout de ma vie, Dans mille et un regards, Semblables à des trous noirs, Dans mille et un parfums Pour effacer le tien. Je chercherai l’oubli… Je chercherai l’oubli, Comme on cherche un trésor Je chercherai l’oubli… Quitte à trouver la mort ! J’irai aux antipodes Comme on part en exode Et je le mendierai Jusqu’à m’en humilier. Je chercherai encore Quand on me dira mort Et je l’échangerai Contre l’éternité. Et, s’il faut que je glisse Jusqu’au fond des Abysses, Si c’est bien là qu’il est, Je l’en débusquerai. Je chercherai l’oubli… Je chercherai l’oubli Jusqu’au bout de ma vie, Dans mille et un regards, Semblables à des trous noirs, Dans mille et un parfums, Pour effacer le tien. Je chercherai l’oubli… Et, quand je le verrai, Quand je m’en saisirai, Je sais que je mourrai De t’avoir… oubliée ! Oui je sais que je mourrai, De t’avoir… oubliée !

