
15. D’oraison en diapason
[Verse 1] Sur sa tour de métal hurlant, Une rieuse et blanche colombe Qui longtemps protégea sa vertu Accroche son chœur et tombe, Folle amoureuse du dernier venu. Ce dernier venu, c’était lui. Pour quelques vers bien choisis, Pour quelques partitions en ut, C’est en syncope qu’elle chute, De l’entendre, elle fut si émue. ⸻ [Chorus] Au diapason, elle et lui, Même rythme, même nuit, Même frisson, même raison, Même vibration. Au diapason, Au diapason, Au diapason, Au diapason. ⸻ [Verse 2] Et si aucun contretemps fâcheux Ne met soudain un point d’orgue À cet exquis et doux rêve amoureux, La symphonie en sera l’épilogue. La nuit joue les prolongations, Renaissent de vives pulsations. En sa gorge, un la se met à chanter ; Lui, homme-orchestre pour l’enchanter, Cherche l’ultime accord. ⸻ [Chorus] Au diapason, elle et lui, Même rythme, même nuit, Même frisson, même raison, Même vibration. Au diapason, Au diapason, Au diapason, Au diapason. ⸻ [Verse 3] Pour son beau chant, songe-t-il Déjà à elle, tout le temps ? Cette envie aiguë le frôle-t-elle, Le pousse-t-elle vers le firmament, À tresser leurs deux tessitures ? Ce n’est pas tant son visage Qui l’attire que ses cantiques, La quête de cette musique Qui, de leurs deux harmoniques, Fera naître un son magique. Puis au chant, son geste Se joint — blanche amie. De lui ne reste plus maître, ô homme : Phénix épris, S’envole, haut s’envole, La colombe se rit de lui, Il est plaqué au sol. Dans la chute il entend encore Le timbre clair de sa voix ; De la braise naît l’accord, Et leurs silences se croisent là. Leurs chœurs sont au diapason, Comme elle le sait en chanson. Elle lui a porté le sien : Désormais, il en a la clef — ⸻ [Chorus – Final] Au diapason, elle et lui, Même rythme, même nuit, Même frisson, même raison, Même vibration. Au diapason… Au diapason… Au diapason… Au diapason… Aaaaaau di-a-pa-son… Au diapason…

