
[Intro – piano, accord répété, percussion comme un pouls] [Couplet 1 – voix grave (lui)] À six heures tu es là avant que j'ouvre les yeux, dans l'eau du robinet, dans le bruit du café. J'ai essayé le sport, le travail, les adieux que je me récitais comme on apprend à compter. J'ai laissé passer l'hiver pour voir si ça fondait, j'ai mis des kilomètres, des semaines, du silence. Mais à chaque retour tout était comme c'était : ce n'est pas une envie, c'est une évidence. [Couplet 2 – voix féminine (elle)] À midi je déjeune avec ton nom dans la gorge, je réponds aux collègues, je souris à côté. J'ai soufflé pour l'éteindre — et c'est comme à la forge : plus on souffle, plus ça prend, malgré ma volonté. [elle]Je ne suis pas légère, je ne suis pas de celles qui confondent un vertige avec une raison. J'ai attendu qu'il parte, je lui ai coupé les ailes — il a marché vers moi, plus têtu, plus profond. [Refrain – deux voix] Ce qui ne passe pas, ce qui ne s'use pas, ce qui revient plus fort chaque fois qu'on le chasse — ce n'est plus un caprice, ce n'est plus un faux pas : c'est la vie qui insiste et qui demande sa place. [Couplet 3 – les deux voix en alternance] (lui) Je sais ce que ça coûte, je sais qui va pleurer. (elle) Je sais ce que je casse en disant oui à ça. (lui) Je ne veux pas d'un amour qu'on vit sur la pointe des pieds, (elle) ni d'un bonheur volé qu'on cache sous le bras. (lui) Alors avant ta bouche, avant même ta main, (elle) avant la première nuit, avant le premier lit, (ensemble) nous irons, chacun seul, par son propre chemin, dire ce qui est arrivé, sans en cacher un pli. [Refrain] [Pont – parlé, à deux, piano seul] (elle) On aura mal. (lui) On fera mal. (elle) Ce ne sera ni simple, ni léger, ni joli. (lui) Mais ce sera vrai. (ensemble) Et le vrai, au moins, on peut le regarder en face. [Break instrumental – piano et percussions, le pouls s'accélère] [Refrain final – deux voix, pleine voix] Ce qui ne passe pas, ce qui ne s'use pas, ce qui revient plus fort chaque fois qu'on le chasse — on ne l'a pas voulu, on ne le fuira pas : c'est la vie qui insiste. On lui fait de la place. [Outro – piano, le pouls ralentit] (elle) À six heures… (lui) …tu es là.

