
L'Apocalypse de l'Occident Chant I
I Ô toi, monde vieilli, Babel de vanité, Qui vendis ton salut pour ton humanité, Tu cries : « Paix et amour ! » mais ton rire est d’argile, Car l’orgueil de ton cœur t’a rendu inutile. II Les nations se sont tues, livrant à la raison Ce que Dieu seul jugeait, selon sa Loi, son Nom. Le juste est appelé traître à la tolérance, Et le pécheur, martyr d’une fausse innocence. III Le Christ fut relégué hors des murs des cités, Et son saint Évangile, paré de charités, Est devenu discours de sociologie molle, La croix ne sauve plus, elle apaise et console. IV Les peuples ont troqué la foi pour la pitié, Leur chair se croit divine, leur esprit effacé. Ils citent les prophètes sans lire leur colère, Et se font des idoles de leurs propres misères. V J’ai vu, dit l’Esprit-Saint, l’arc-en-ciel de la Bête, Drapée de mots sucrés, séduisante Prophète ; Son sceptre est l’opinion, son autel la rancune, Et ses saints sont ceux-là qui maudissent la Lune. VI De Sion fuit la Loi, de Rome la ferveur, Et la femme des mers s’est vêtue de pudeur : Mais son cœur bat au pas d’un chœur sombre idolâtre, Où l’on bénit le vice en riant du Désastre. VII L’islamisme s’avance, habillé de douceur, Tandis que l’Occident abdique sa vigueur. Non plus avec le sabre, mais par la repentance, On déchire sa foi sous masque d’indulgence. VIII Mais l’Esprit crie encore : « Reviens à ton rocher ! Ne laisse point la honte éteindre le péché ! Car c’est Dieu, et non l’homme, qui fixe la mesure, Et son Fils seul guérit nos blessures impures. » IX Heureux les cœurs brisés, car Dieu les rebâtit ; Heureux les affamés, car Christ les rassasie ; Heureux les artisans de paix, non de faiblesse, Qui servent sous la croix, vainqueurs dans la détresse. X Ainsi parle le Juge : « J’abattrai vos idoles, Je ferai fondre l’or de vos temples frivoles. Mais du milieu des ruines jaillira le matin, Et je prendrai encore vos enfants par la main. » Vincent Bru, 8 novembre 2025 https://foedus.fr/?p=4000

