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L’enfant des chaînes

[Couplet 1] Mon malheur a commencé dans un désert sans nom, Un petit fauve sans refuge, sans amour, sans maison. Dans la ménagerie d’un porc couvert d’or, Où les cages brillaient, mais où les cris t’étouffaient. Chaque bête avait un numéro sur la peau, Tengus, gripplis, catfolks, tous traités comme un troupeau. On dormait sur la paille, on mangeait les restes pourris. Et si tu parlais trop fort, tu mourais dans l’oubli. [Pré-Refrain] Et chaque soir, le vieux marchand descendait l’escalier, Avec son souffle qui pue le vin, et son sourire glacé. Il venait chercher ma mère… et je ne pouvais rien faire, Juste fermer mes yeux, pour ne pas voir sa misère. [Refrain] Ô Zara… je te revois dans la nuit, Les poignets en sang, mais le courage dans le regard meurtri. Et moi, petit chat sans nom, caché sous le foin, sous la peur, J’apprenais que le monde… il ne protège jamais les cœurs. [Couplet 2] Le marchand nous forçait à danser devant ses amis, Des riches à l’âme pourrie qui riaient quand on faiblit. J’avais des grelots aux chevilles, des chaînes trop serrées, Et ma mère chantait faux juste pour ne pas s’effondrer. Dans la cour, les gardes jouaient à nous lancer des pierres, À parier sur le fauve qui tomberait le premier dans la poussière. On vivait la gorge nouée, attendant le prochain détour, À prier que la fièvre l’achève avant que la nuit fasse retour. [Pré-Refrain] Et chaque nuit, le vieux marchand prenait ma mère par la main, La traînait dans ses draps sales… et moi j’entendais ses chagrins. Ses cris traversaient les murs comme des lames dans mon dos, Et j’ai juré qu’un jour, je lui arracherais la peau. [Refrain] Ô Zara… je te revois dans la nuit, Les poignets en sang, mais le courage dans le regard meurtri. Et moi, petit chat sans nom, caché sous le foin, sous la peur, J’apprenais que la liberté… c’est le sang qu’on donne de bon cœur. [Pont – parlé] Mais un soir, les cris sont devenus confusion. Ce n’était pas le maître, mais des hommes en intrusion. Des rebelles masqués, venus briser les chaînes. Et ma mère paniquait, croyant qu’ils venaient avec haine. Elle a sauté sur l’un d’eux, aveuglée par l’effroi, Et l’acier d’un chakram… l’a couchée devant moi. Le rebelle tremblait : “J’voulais pas t’faire du tort…” Et il m’a dit : “Tu es libre… garde l’arme, et quitte ce décor.” [Dernier Refrain – lent, brisé] Ô Zara… je te revois dans la nuit, Ton dernier souffle chaud étouffant mes cris. Et moi, petit chat sans nom… né pour plaire aux rois, J’ai pris le chakram… et j’ai marché… sans jamais me retourner. [Outro – murmuré rauque] Dans la poussière… là où meurent les oubliés… Un fauve s’est levé. Je suis Sha’Zar. L’enfant des chaînes… qu’aucun maître ne va plier.