
[Intro – piano seul, puis l’orgue répond par nappes chaudes] [Couplet 1 – voix grave, slam] Je n’ai jamais cherché de statue dans un musée, ni de femme dessinée au fusain de mes nuits. Je ne veux pas qu’on me rende un portrait retouché, le sourire au cordeau, les cheveux sans un pli. J’aime ton rire qui déraille, ta façon d’arriver en retard, la cicatrice au sourcil qu’on ne voit que de tout près, tes colères de cinq minutes, tes silences de brouillard — rien à retoucher chez toi, rien que j’enlèverais. [Refrain – chanté, l’orgue répond au piano] Rien à retoucher, pas un trait, pas un pli : je ne t’ai pas rêvée, je t’ai trouvée, ici. Pas de grand serment, pas de ciel promis — reste vraie, simplement, et c’est toute ma vie. [Couplet 2 – le groove entre, balais, nappe d’orgue sous la voix] Depuis toi les journées ont perdu de leur poids, les escaliers sont moins raides, les lundis moins gris. Je garde pour le soir les petits riens que je vois : le boulanger qui chante, le chat du voisin sur son appui, la vieille sur son banc qui émiette du pain aux moineaux, un nuage en forme de baleine au-dessus de la gare — des riens que je ramasse et que je garde comme des cadeaux : ils ne sont à moi qu’une fois posés dans ton regard. [Refrain – chanté, l’orgue répond au piano] Rien à retoucher, pas un trait, pas un pli : je ne t’ai pas rêvée, je t’ai trouvée, ici. Pas de grand serment, pas de ciel promis — reste vraie, simplement, et c’est toute ma vie. [Pont – parlé, orgue seul, nappe tenue] Aimer, je ne sais pas bien ce que c’est. Je sais ce que ça fait. C’est demander « tu as bien dormi ? » et attendre vraiment la réponse. C’est respirer mieux quand toi, tu respires mieux. [Break instrumental – questions-réponses piano et orgue, court solo d’orgue] [Couplet 3 – voix grave, plus bas] J’ai longtemps marché sur des routes sans ombre, je croyais que le soleil, c’était le monde entier. Puis j’ai trouvé ton arbre au bout d’un chemin sombre, et j’ai compris, en m’asseyant, combien j’étais fatigué. Quand la vie me secoue, quand le vent me renverse, c’est vers toi que je tourne, comme l’aiguille vers le nord. Je ne veux pas de serments, pas de mots qu’on disperse — seulement que ça grandisse, doucement, un peu plus fort. [Refrain final – chanté, plus doux] Rien à retoucher, pas un trait, pas un pli : je ne t’ai pas rêvée, je t’ai trouvée, ici. Pas de grand serment, juste un vœu, tout petit : que ce qu’on a, longtemps, grandisse sans bruit. [Outro – piano, l’orgue s’éteint lentement, voix parlée] Et toi, ta journée ? Raconte-moi. J’ai le temps.

