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Take it Izzy ;-)

Réponse à la très belle chanson d' @Izzy_to_Butterfly "À moi, à toi... à eux..." ------------------------------------------------------------------- Y’a ce creux dans ma gorge que je connais par cœur Comme un cri resté coincé depuis des années entières J’entends ta soif, ton ventre qui hurle justice Et je réalise que c’est moi qui tenais la cicatrice Je portais mes blessures comme un bouclier d’orgueil Je pensais que taire = protéger, que silence = accueil Mais c’était juste peur… peur de voir dans tes yeux Le reflet de l’enfant que j’ai laissé un peu vieux Je te demandais « pourquoi tu pleures ? » d’un ton sec Sans voir que ma question était déjà un mur en briques J’avais tellement peur qu’on me voie faillir, moi aussi Que je préférais te laisser saigner plutôt que de plier J’ai grandi par en dehors, costume bien repassé Mais dedans c’était le chaos, le bazar mal rangé Je t’ai fait porter mes ombres en croyant t’aimer fort Alors qu’en vrai je te passais juste mon plus lourd fardeau Aujourd’hui tes mots me frappent comme une pluie d’hiver Ils rincent la crasse, ils réveillent ce qui dort sous la chair Je ne veux plus être celui qui te fait baisser les yeux Ni celui qui te laisse t’excuser d’avoir mal quelque part Je prends ma part. Pas toute, mais la mienne, vraiment. Les silences assassins, les « c’est rien » qui tuent doucement Je te rends ton innocence, celle que j’ai mal gardée Je la dépose à tes pieds, sans chèque, sans excuse plaquée Pardonner n’est pas magique, je sais que tu le dis Mais moi je te le demande quand même, à genoux dans ma vie Pas pour m’effacer, pas pour faire semblant d’oubli Juste pour qu’on respire enfin tous les deux, libérés Je ne te demande pas de revenir dans mes bras Je te demande juste de ne plus porter mon drap De sanglots d’enfant que j’ai refusé d’entendre Je veux que tu marches légère… même si c’est sans moi La lumière commence par toi, tu l’as si bien écrit Mais sache qu’elle m’aveugle aussi quand je te regarde enfin Je m’accueille mal encore, j’apprends à voix basse Mais je commence par te dire : je t’ai vue. Je te vois. Et je m’en veux. Et je te remercie. D’avoir osé poser les armes Pour que je puisse enfin les ramasser Et les poser à mon tour.