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PAYE TON CRISSE DE LOYER!

LE LOYER FANTÔME [Intro — parlé, voix grave, froide, guitare qui monte lentement] Janvier. Moins vingt-cinq dehors. L’hypothèque, elle, prend jamais de vacances. Le premier du mois arrive… Le compte est vide. Mais inquiète-toi pas… Le locataire a sûrement une bonne raison. Encore. [Riff lourd] Couplet 1 Le premier du mois, j’regarde mon compte, Y’a rien qui rentre, mais tout qui monte. Les taxes, l’assurance, Hydro qui cogne, Pendant qu’toi, mon chum, tu fais l’ivrogne. « J’te paye vendredi », ça fait trois vendredis, Ton vendredi doit être perdu dans l’infini. T’as l’cash pour sortir, t’as l’cash pour commander, Mais soudainement ton loyer… tu l’as oublié. Crisse que c’est pratique, la mémoire sélective, Quand vient le temps d’payer, elle devient maladive. Ton cell est neuf, ton char fait du bruit, Mais pour ton logement… pu une cenne, esti! Pré-refrain Moi j’peux pas dire à banque : « Désolé, mon gars, J’feelais pas pour payer c’mois-là. » J’peux pas dire aux taxes : « Revenez au printemps. » Mais toi tu peux rester là… En attendant. Refrain PAYE TON CRISSE DE LOYER! C’est pas un Airbnb gratis à l’année! Pendant qu’le proprio mange ses factures, Toi tu pratiques l’art de la disparition pure. PAYE TON TABARNAK DE LOYER! C’est pourtant pas sorcier à comprendre, sacrament! Le premier arrive, le paiement disparaît, Pis la Régie dit : « Monsieur… veuillez patienter. » PATIENTEEEER! Pendant qu’la dette monte dans l’escalier! Couplet 2 Trois semaines passent, là j’peux déposer, Parce qu’avant ça faut gentiment patienter. Formulaire ici, petite preuve par là, Bienvenue dans l’grand cirque du TAL, mon gars. Prends ton numéro, assis-toi droit, Ton audience viendra… un beau jour peut-être, qui sait? Pendant ce temps-là, lui dort au chaud, Dans TON logement… sans payer un maudit morceau. Deux mois de retard, trois mois peut-être, Pis toi tu continues de payer les fenêtres. L’hypothèque demande pas : « Est-ce que ça va? » Elle prend son paiement pis elle ferme sa gueule, elle. Le locataire? « Ouain… j’ai eu une passe difficile. » Encore? Calisse… Ça fait huit passes difficiles depuis juillet! Refrain PAYE TON CRISSE DE LOYER! C’est pas une œuvre de charité! Le proprio est pas ta banque personnelle, Ni ton père Noël immobilier éternel! PAYE TON TABARNAK DE LOYER! Chaque mois gratuit, quelqu’un d’autre le paie! Pis quand le propriétaire demande de l’aide : « Votre dossier est important pour nous… » Ah ouain? BEN TRAITE-LE, ESTI! Pont — parlé, sombre et sarcastique [Musique descend, basse lourde] Bonjour, Tribunal administratif du logement. Mon locataire paie pu. — « Depuis combien de temps? » Trois semaines. — « Déposez une demande. » C’est fait. — « Maintenant, attendez. » Il paie toujours pas. — « Attendez. » Deuxième mois. — « Attendez. » Troisième mois. — « Monsieur, il faut respecter le processus. » Le processus? Mon hypothèque respecte pas votre processus, tabarnak. [Silence] Mais merci pour votre compréhension. Breakdown — chant grave, très lent Pas besoin d’être millionnaire Pour posséder un duplex. Y’en a qui ont travaillé Vingt ans pour acheter ça. Mais dans l’histoire qu’on raconte, Le proprio est toujours riche. Toujours méchant. Toujours sans cœur. Pendant qu’il sort mille piasses de sa poche Pour loger quelqu’un… Qui lui répond même pu au téléphone. Belle justice. Couplet 3 J’entends déjà : « Pauvre petit propriétaire, T’avais juste à pas acheter d’immobilier! » Ah ben oui, quelle brillante logique, On règle tout avec une phrase cynique. Pas de propriétaires? Parfait mon champion, Tu vas louer ton quatre et demi à qui donc? Au gouvernement? Bonne chance avec ça, Prends un numéro, ils vont rappeler… peut-être en 2033. On demande pas la lune ni un château doré, Juste que le contrat signé soit respecté. Tu veux ton logement propre et chauffé? Parfait. Moi j’veux mon loyer payé. C’est donnant-donnant, c’est pas compliqué, Mais on dirait qu’ça prend un juge pour l’expliquer. Refrain final PAYE TON CRISSE DE LOYER! Avant d’inventer ta prochaine histoire! Ton proprio peut pas manger tes promesses, Ni payer ses taxes avec ta détresse. PAYE TON TABARNAK DE LOYER! Un bail signé, c’est pas du papier décoratif! Si t’as un problème, parle, trouve une solution, Mais disparais pas pendant trois mois dans ton salon! Et toi, la Régie — ou le TAL aujourd’hui — Pendant qu’tes dossiers dorment dans la nuit, Le compteur tourne, les dettes s’empilent, Pis les petits proprios encaissent tranquille. Deux mois. Trois mois. Encore attendre. Pis après on s’demande pourquoi Le monde veut pu louer. Outro — voix grave, presque murmurée Le premier du mois reviendra. Comme toujours. Les taxes vont rentrer. L’hypothèque va sortir. Les assurances vont sortir. Mais le loyer? [Pause] « Vendredi, j’te jure. » … Quel vendredi, calisse? [Dernier riff massif] PAYE. TON. LOYER. [Fin — guitare qui résonne, vent d’hiver]