Né dans l’ombre d’un matin clair, Air doux, promesse d’un monde sincère, Rêve trop grand pour mes petites mains, Main tendue vers demain, sans fin. Fin du jeu quand vient la dette, Tête pleine, les yeux en miettes, Miette d’enfance qu’on me retire, Tire la corde, faut grandir. Rire en coin, on m’vend des rêves, Ève moderne dans la boue qui crève, Crève-cœur d’un gosse qu’a trop vu, Vue brouillée, horizon perdu, Rue étroite, souffle coupé, Pied dans la boue, cœur dans l’oubli. Rue après rue, les mêmes visages, Âge de pierre dans les vitrines sages, Sage est celui qui baisse la tête, Fête des fous, je perds la quête, Fête des riches, verre à la main, Main tendue, vide, rien de rien. Être ou suivre, y’a plus de choix, Voix du profit, maître des rois, Droits vendus sous cellophane, Âme sous vide, raison profane, Fane la fleur des jours anciens, Rien ne pousse dans leurs jardins, Teins les rêves de gris, de peur, Heures enchaînées, jours sans couleur. Le cœur s’endurcit, la peau se fend, Vent d’hiver dans mes vingt ans, Temps qui passe, vérité nue, Rue sans fin, mais j’ai tenu, Nu de tout, sauf d’un feu fragile, Île d’espoir dans l’utile. File le temps, mais pas ma flamme, Âme cabossée, mais d’âme je clame, Clame la rage, la foi brute, Route sale, mais pousse ma lutte, But dans le vide, mais j’avance, Danse dans la boue, renaissance, Sens la pluie laver ma peur, Heure après heure, je deviens cœur. Cœur de pierre ou cœur de terre, Mère du monde, j’me fais lumière, Prière muette dans la poussière, Hier perdu, demain sincère, Chair vivante dans l’enfer froid, Foi sans nom, mais c’est ma loi, Loi du juste, loi du feu, Je me perds pour redevenir mieux.