
Comme beaucoup de mes contemporains, j'aime comprendre en profondeur l'art, les sciences, la politique et les phénomènes sociaux. C'est un devoir pour moi d'être curieux et de m'intéresser au monde entier des choses et des êtres. La langue est tellement belle qu’il faut entretenir une sensibilité linguistique, une attention au détail stylistique, pour nourrir une relation affective avec elle. Comme beaucoup de mes contemporains, j'ai besoin d'ordre, de clarté et de cohérence. Au détour des événements de ma vie, je m'attache à la symbolique, à la valeur des gestes et des mots, et à la métaphore personnelle. Je m'interroge avec ardeur — non pour l’autosatisfaction, mais pour en tirer une vérité psychologique ou existentielle. Il me faut voyager, cheminer avec une conscience de soi fine, dans un dialogue intérieur constant, souvent lucide, au risque de la mélancolie. Eh oui, je promulgue un humanisme critique quand j'observe et j'analyse les injustices, les guerres, tout ce qui porte atteinte à la dignité humaine, à la vérité spirituelle, à la santé publique. J'entretiens une préoccupation éthique constante, parce que je désire préserver une harmonie intérieure et un ordre intellectuel. C'est exigeant de se situer à la croisée de la raison et de la compassion, mais je le fais comme un observateur engagé, non dogmatique, cherchant à comprendre plutôt qu’à juger. J'ai besoin de maintenir une structure face à la dispersion du monde moderne. Je suis sensible aux cycles, au passage du temps et à la continuité. Je refuse la facilité dans la recherche d'un ordre éthique personnel. Je n'hésite pas à exprimer ma volonté de fusionner l'intellect et l'affect, tout en conservant un regard compatissant mais lucide sur la faillite et la crise morale du monde, qui mènent aux injustices et à la guerre. Je suis partisan de l'écoute profonde, mais sélective. De façon générale, j'essaie d'être un interlocuteur généreux. Mon attachement à mes proches est profond, durable et réfléchi. Je crois en la loyauté de fond. J'avoue que mon amitié est presque philosophique, en tant qu'intellectuel : elle aspire à la vérité partagée, pas simplement au divertissement. J'ai conservé des amis qui datent de soixante-cinq années. C'est important d'affiner la compréhension mutuelle par une clarté tranquille dans la densité de la pensée. Mon objectif dans la vie est de comprendre mieux. Mon moteur existentiel est la fidélité au vrai et au juste. Le sens de ma quête personnelle est de réconcilier la lucidité et la bonté. J'estime que c'est de mon devoir d'être un passeur de sens, et j'ai été enseignant. Il faut être des témoins lucides de notre époque. Et dans ce domaine, c'est important de purifier l’expérience par la parole. J'essaie constamment d'obtenir la paix intérieure entre le savoir et la sensibilité. Je dois être un alchimiste, car j'essaie de transformer la lucidité en lumière, afin de devenir un bâtisseur de lumière. Ce qui transmute le plomb en or se situe dans les paroles de Jésus, dans Matthieu, chapitre vingt-deux, versets trente-quatre à quarante : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée », et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Ces deux commandements résument toute la Loi, les Prophètes, ainsi que tous les livres de la Bible. Jésus porte un regard sur chacun comme sur des personnes avant tout. Des personnes.

