
Intro – Spoken (libre, posé, presque froid) Le soleil était déjà là. Trop tôt. Trop fort. Quand il a appris que sa mère était morte. Trois mots. Pas de larmes. Et déjà, le monde le regardait de travers. Couplet 1 – Lent, narratif Le soleil cognait la ville comme une faute répétée, il marchait dedans, le regard vide, les poches pleines de rien. Sa mère venait de mourir, mais la douleur n’avait pas trouvé son chemin. À l’enterrement, il a fait ce qu’il fallait faire, sans jouer le rôle, sans lever le ton. Pas de sanglot, pas de cinéma, juste un homme debout face à l’horizon. Les autres ont noté le silence, ils l’ont rangé quelque part dans leur mémoire. Ils ne savaient pas encore que ce calme-là servirait plus tard de poignard. Refrain – Répétitif, obsédant Il était étranger. Étranger au chagrin attendu. Étranger aux gestes convenus. Étranger sous le soleil. Étranger. Même à lui-même. Même à ce monde qui juge ce qu’il ne comprend pas. Couplet 2 – Plus dense, montée de chaleur Après, la vie a repris son manège creux, la mer brillait trop, les rires sonnaient faux. Les corps se frôlaient sans promesse, et le temps glissait sans mot. La chaleur revenait toujours, collée aux tempes, coincée dans la tête. Tout devenait trop clair, trop blanc, trop net. Sur la plage, il n’y avait plus d’idées, plus que la lumière et le battement sourd. Quand l’autre est apparu, il n’a pas pensé à la haine, il a pensé au jour. Refrain – Variante (plus sombre) Il était étranger. Au crime comme au pardon. Étranger à la peur, étranger à la raison. Étranger. Sous ce ciel sans réponse. Sous ce soleil brutal qui décide à sa place. Couplet 3 – Rythme plus haché La lame a renvoyé le soleil en plein visage. Un geste est parti. Simple. Puis d’autres. Déjà en trop. Le corps est tombé. Le silence avec. Il n’a pas fui. Il est resté là, comme si ce n’était pas lui, comme si c’était le jour qui avait tiré. Pont – Spoken grave, presque murmuré La prison n’a pas crié. Elle a fermé ses murs doucement. Le temps s’est épaissi. Il attendait. Sans regret. Sans espoir. Couplet 4 – Procès, accusation Au tribunal, ils parlaient fort. Ils cherchaient un sens là où il n’y en avait pas. Ils parlaient du crime, mais regardaient surtout le fils qui n’avait pas pleuré. Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce regard droit ? Pourquoi ne pas mentir un peu pour rassurer les vivants ? Le mort pesait moins lourd que cette absence de larmes. Refrain – Dernière fois (épuré) Il était étranger. À leur morale. À leur Dieu. À leur peur. Étranger. Et c’était sa seule vérité. Outro – Spoken word final, très lent La veille de la fin, il a compris que le monde était indifférent. Et que cette indifférence était parfaite. Quand on est venu le chercher, le matin était clair. Le soleil, encore. Il a souhaité une foule haineuse, pour ne pas mourir seul dans leur mensonge. Le couperet a brillé. Le ciel s’est tu. Le monde a continué. Et l’étranger a cessé d’attendre. Sous le soleil. Toujours le soleil. Qui tue sans raison.

