Une maison sans chaleur Des murs vides, sans couleurs Un carton pour chaque jour où j’me lève sans détour Trois semaines à peine, j’pose mes valises Mais pas d’armoire, juste des boîtes promises Les habits dorment sur le sol en silence Dans une pièce sans aucune consistance J’ai compté les jours sans eau chaude Chaque douche un combat, chaque nuit froide La chaudière s’est tue dès le départ Me laissant seule face au hasard Et tout s’empile, rien se calme Chaque instant grince, rien s’apaise J’ai pas signé pour cette flamme Mais j’reste droite, même quand ça pèse Puis la gazinière, cadeau empoisonné Des pièces inversées, tout est décalé Je rêve d’un bain, mousse au bord du néant Mais l’eau hésite, brûlante puis fuyant J’termine la baignoire à la bouilloire Chaque geste devient un espoir Et au matin, plus une goutte La ville aussi coupe sa route Et tout s’empile, rien se calme Chaque instant grince, rien s’apaise J’ai pas signé pour cette flamme Mais j’reste droite, même quand ça pèse Plus de café, plus d’eau claire Mon compte vide comme mon frigidaire La paie en approche, mais le temps est long J’bois l’attente au fond d’un bidon J’récupère mon chat pour respirer Il grimpe sur moi, paupière griffée Un sursaut, du sang, un œil fermé Même la tendresse sait blesser Et l’écran bleu au bureau ( ERROR, ERROR ) Efface les dossiers, les mots Je retiens mes pleurs tard le soir Mais la digue cède sans vouloir J’crois que c’est la fin, puis non Une piqûre, une infection Là, sur la peau, à l’endroit tabou Comme une blague de trop, un clou Le miroir me fait les gros yeux L’enfance frappe aux murs silencieux Et pendant qu’j’étouffe sous les cartons Un frelon règne sur mon horizon Et tout s’empile, rien se calme (Tout s'empile, rien se calme) Chaque instant grince, rien s’apaise (et ça m'pèse) Mais j’tiens debout, malgré les flammes (pour l'instant) Même quand le monde me délaisse mmmh mmmh....