Intro J’capte les mots qui passent sans faire de bruit dans la ville… ils traînent dans l’air, s’accrochent aux gestes, aux fils invisibles… j’les laisse venir… j’les laisse tomber… puis j’les retiens… et j’les range quelque part, leur donne un sens le lendemain Couplet 1 J’évolue dans le langage comme dans une pièce sombre, j’écoute les fragments que les gens laissent dans l’ombre, j’ramasse les bribes, les éclats de phrase en dérive, et j’les transforme en matière vive Ça s’accumule sans bruit dans l’arrière de ma tête, comme un système qui respire et jamais ne s’arrête, j’fais des liens entre des choses qui n’avaient rien à voir, jusqu’à c’que tout s’aligne sans prévenir dans ma mémoire Les mots deviennent des objets, des formes, des tensions, j’les tords un peu pour leur donner une direction, et ce qui était banal devient presque étrange, Quand je prends tous ces mots et que je les mélange Refrain J’fais parler les silences dans ma tête en écho j’transforme le bruit du monde pour en faire un morceaux tout ce qui passe devient signal dans mon système mental Couplet 2 J’suis pas dans la phrase, j’suis dans ce qu’elle déclenche, dans l’espace entre deux mots quand ma logique flanche, j’vois des idées se battre sous la peau des discours, et j’les capture au moindre détour J’empile les pensées comme des couches de réalité, des versions alternatives d’un même instant figé, j’condense le chaos dans des formes respirables, mais parfois instables Chaque mot que j’entends devient une donnée vivante, une vibration qui dérange et qui s’invente, j’fais du bruit une structure, du hasard une ligne, et du vide un simple signe Refrain J’fais parler les silences dans ma tête en écho j’transforme le bruit du monde pour en faire un morceaux tout ce qui passe devient signal dans mon système mental Pont J’inspire ce qui traîne… j’expire mes émotions… et entre les deux… J’pars dans toutes les directions… Couplet 3 Les mots s’alignent quand je les regarde sans pression, ils prennent des chemins sans autorisation, j’les laisse faire, j’interviens pas dans l’histoire, J’ai juste à ouvrir quelques tiroirs J’plie les secondes dans la texture du son, chaque syllabe est une micro-révolution, j’suis juste le point de passage, le relais discret, entre ce qui est et ce qui naît Outro Les mots passent… je les retiens pas… Je les transforme… Pour un nouvel éclat…