
Couplet 1 : Le silence a pris place, il s’installe sans prévenir, Comme un colocataire qui connaît tous mes soupirs, J’parle aux murs fatigués qui retiennent mes délires, Y’a qu’eux qui m’répondent quand j’essaie de m’ouvrir. Les nuits s’étirent, longues comme des regrets, Chaque heure est une lame que j’apprends à digérer, J’écris pour exister quand j’ai l’impression d’disparaître, Comme une ombre effacée dans le reflet d’la fenêtre. J’ai croisé des regards qui promettaient des refuges, Mais c’était que mirages dans un désert qui ruse, Alors j’ai fait d’mon cœur un territoire confus, Où même les souvenirs n’trouvent plus d’excuse. Je marche en solitaire sur des lignes invisibles, Entre ce que j’ressens et ce que j’rends lisible, Y’a un monde en moi qu’personne n’visite vraiment, Un chaos silencieux que j’cache élégamment. ⸻ Refrain : Y’a du monde autour mais j’entends que le vide, Des voix qui résonnent sans jamais être limpides, J’souris en surface, en profondeur j’dérive, J’suis seul dans la foule, invisible mais lucide. Y’a du bruit partout mais rien qui m’apaise, Des présences fantômes qui traversent sans me voir, J’me parle à voix basse pour combler le malaise, J’ai fait d’la solitude une forme de miroir. ⸻ Couplet 2 : Les souvenirs reviennent comme des vagues en colère, Ils frappent sans prévenir, laissent des traces amères, Y’a des prénoms gravés dans des silences trop lourds, Qui résonnent encore même quand j’fais des détours. J’ai appris à lire entre les lignes des gens, À capter les absences cachées dans leurs présents, Les “ça va” mécaniques, les sourires en plastique, Tout sonne artificiel dans ce théâtre cynique. J’me suis perdu souvent à vouloir être compris, À tendre des morceaux d’âme à des cœurs endormis, Maintenant j’garde mes mots comme des secrets précieux, Parce que tout dire aux autres, c’est parfois dangereux. J’fais de l’encre un refuge, de mes vers un abri, Chaque phrase est un pas pour rester en vie, Parce que quand tout s’éteint, quand même l’espoir vacille, Y’a que l’écriture qui reste quand le reste vacille. ⸻ Refrain : Y’a du monde autour mais j’entends que le vide, Des voix qui résonnent sans jamais être limpides, J’souris en surface, en profondeur j’dérive, J’suis seul dans la foule, invisible mais lucide. Y’a du bruit partout mais rien qui m’apaise, Des présences fantômes qui traversent sans me voir, J’me parle à voix basse pour combler le malaise, J’ai fait d’la solitude une forme de miroir. ⸻ Couplet 3 : J’ai fait la paix avec mes silences brisés, Avec ces soirs d’hiver où j’me sentais figé, La solitude m’a appris à m’reconstruire, À trouver dans le vide une raison d’respirer. C’est pas qu’j’veux être seul, c’est qu’j’ai peur d’y croire, Que les liens s’effacent comme des traits sur un tableau noir, Alors j’avance prudent, le cœur en retrait, Entre l’envie d’aimer et la peur du regret. Y’a des étoiles mortes dans mon ciel intérieur, Des lumières éteintes qui réchauffent plus mon cœur, Mais j’continue d’écrire comme on lance une bouteille, Dans l’espoir qu’un jour quelqu’un capte mes merveilles. Et si mes mots touchent, c’est qu’ils viennent du vrai, D’un endroit isolé que j’connais par cœur en secret, J’suis seul, ouais… mais j’ai appris dans le froid, Que parfois s’retrouver, ça commence par soi.

