
LES GENS QU’ON CROISE ==================== [Intro — guitare acoustique délicate] [Couplet 1 — voix masculine proche du micro, chaude, puissante mais souriante] Sur le quai d’en face, un monsieur lit son journal Il tourne quelques pages, le regard dans le brouillard À côté, une fille attend, son sac contre elle Elle regarde son téléphone, comme si quelqu’un l’appelait Un gamin fait rouler sa voiture sur le banc Sa mère lui dit doucement : « Fais attention aux gens » Le monsieur lève les yeux, sourit à l’enfant Comme s’ils s’étaient déjà croisés quelque part avant [Refrain — voix plus ouverte, lumineuse, harmonies discrètes] On se croise sans se connaître On se raconte sans le savoir Chacun transporte une fenêtre Qui donne sur une autre histoire [Couplet 2] La fille au téléphone sourit, puis change de visage Elle dit « d’accord » trois fois, comme on tourne une page Elle raccroche, remet ses cheveux derrière l’oreille Et regarde les rails comme on regarde le soleil L’homme au journal se lève et laisse passer Un vieux monsieur chargé de sacs trop fatigués Ils échangent trois mots, peut-être quatre, peut-être rien Puis chacun prend son train avec son propre chemin. [Refrain] On se croise sans se connaître On se raconte sans le savoir Chacun transporte une fenêtre Qui donne sur une autre histoire [Couplet 3 — légère malice dans la voix] Un type en costume court derrière le feu rouge Sa cravate de travers bat sur son col qui bouge On pourrait croire qu’il court après son boulot Mais peut-être qu’il court vers quelqu’un de plus beau Une femme au café regarde encore la porte Son café refroidit, mais elle attend qu’on l’emporte Elle remue doucement le fond de sa tasse Puis sourit tout à coup quand quelqu’un passe [Pont — voix seule avec guitare, très intime] Et moi je les regarde, j’invente leurs histoires Je leur prête des chagrins, des dimanches, des espoirs Puis je me vois dans la vitre, au milieu des passants Et je me demande qui m’invente, moi, maintenant [Dernier refrain — voix pleine, chaleureuse, souriante] On se croise sans se connaître On se raconte sans le savoir Chacun transporte une fenêtre Qui donne sur une autre histoire On se croise sans se connaître Et chacun repart dans son histoire Avec quelqu’un qu’on n’a fait qu’apercevoir Et qui restera peut-être quelque part [Outro — retour à l’intimité] Le train arrive et les visages disparaissent Derrière les vitres, chacun reprend sa vitesse Je reste un instant devant toutes ces fenêtres En me demandant qui, ce soir, pourrait me connaître [Dernière note de guitare, laisser respirer]

