
[Intro] On m’a peinte en ombre… J’ai gouverné la pénombre. [Couplet 1 - La légende noire] Dans les couloirs, on chuchote mon nom, Fioles cachées au fond des buffetons. Poudre de succession, rumeur sacrilège, On me croit sorcière quand je suis stratège. Je lis les astres, je décrypte les présages, Le ciel conseille les puissants. Entre savoirs et mystère ancien, La Renaissance traçait son dessein. [Pré-refrain] Ils ont craint mon calme et ma science, Alors ils ont nommé cela : ignorance. [Refrain] Poison ou vision, mensonge ou raison ? On me juge à l’ombre des lampions. Sorcière ou reine au cœur lucide, Je tiens le trône, calme et placide. Ils disent : démon, intrigante, Moi je dis : survivante. [Couplet 2 - La mère et le pouvoir] Trois couronnes posées sur mes fils, Trop lourdes pour leurs ans fragiles. Je tiens la France à bout de bras, Quand les rois doutent, je ne ploie pas. J’ai parlé pour les voix hésitantes, Tranché quand l’heure devenait sanglante. Mère sévère, volonté de fer, Dans un royaume prompt au silence et à la guerre. [Couplet 3 – La nuit de la Saint-Barthélemy] La nuit est tombée sur les clochers, Paris retient son souffle étranglé. Des portes cèdent, des prières brèves, Le sang déborde, la peur s’élève. J’ai vu l’ordre basculer au chaos, Le feu courir plus vite que les mots. Entre la couronne et l’abîme, J’ai choisi l’État… au prix du crime. [Pré-refrain] On me dit tyran quand je protège, On me condamne car je suis stratège. [Refrain] Poison ou vision, mensonge ou raison ? On me juge à l’ombre des lampions. Sorcière ou reine au cœur lucide, Je tiens le trône, calme et placide. Ils disent : démon, intrigante, Moi je dis : survivante. [Couplet 4 – La bâtisseuse] J’ai semé des palais dans la pierre, Des jardins pour suspendre les guerres. Ballets, fêtes, faste maîtrisé, Pour offrir au chaos une beauté. D’Italie, j’ai porté la clarté, Le goût du beau comme nécessité. Quand les armes parlaient trop fort, J’ai répondu par l’art et l’or. [Pont] Étrangère sur une terre de défiance, Pouvoir arraché dans un monde de violence. J’ai appris à durer sans trône sûr, À gouverner quand l’époque se fracture. [Refrain final] Poison ou rumeur persistante ? Je suis la nuance au milieu du sang. Sorcière ou régente ? Je suis l’histoire écrite par le temps. Ils me voyaient noire, j’étais grise, Stratège debout dans la crise. [Outro] Le sang a séché… La rumeur est restée. Je n’ai pas été aimée. Mais le royaume a perduré. [Outro]

