
Il marchait chargé de saisons anciennes Des hivers collés à la peau Des promesses faites à la douleur Des silences trop lourds dans le dos On lui a dit : “avance sans bruit” “Oublie ce que ton cœur réclame” Alors il a survécu longtemps En se quittant lui-même, doucement Mais un jour le corps a dit stop Le cœur a frappé plus fort À quoi bon porter hier Quand aujourd’hui appelle encore Libéré, délivré Du passé qui le retenait Libéré, délivré Il se choisit, sans regret Il ne fuit plus ce qu’il a été Il honore… puis il laisse aller Le passé a fait son temps Maintenant… il vit pleinement Quand il prend de la hauteur Les drames perdent leur pouvoir La peur n’est plus qu’un messager Plus un mur, plus un couloir Il regarde ses blessures en face Sans se juger, sans se haïr Il comprend enfin que guérir Ce n’est pas effacer… mais accueillir Il n’a plus besoin de lutter Ni de se prouver sa valeur Il avance ancré, aligné Fidèle à sa propre lueur Libéré, délivré Des chaînes qu’il confondait avec l’amour Libéré, délivré Il marche vrai, il marche lourd… de sens Il remercie ce qui l’a formé Mais refuse d’y rester enfermé Le passé a fait son temps Maintenant… il est présent Le passé n’était pas l’ennemi C’était une école, pas une prison S’identifier à ses blessures C’était oublier qui il est au fond Il ne répare plus l’ancien monde Il habite l’instant, simplement Et dans ce silence retrouvé La paix s’installe naturellement Libéré, délivré Il ne s’abandonne plus jamais Libéré, délivré Il avance sans se trahir Il ne cherche plus à être sauvé Il devient l’espace où tout peut respirer Le passé est reconnu Mais c’est lui… qu’il a enfin choisi Il ne renie rien de son histoire Il la remercie… puis il marche Parce que vivre, maintenant, C’est être là — sans bagage.

