
Rimes masculines (paroles @Paris / musique Le_loup)
Dans un corps neuf, glisser mon âme, Devenir soudain un autre homme. Que Victor Hugo ou bien Verlaine, En moi s’éveille, en moi s’enchaîne. Choisir parmi les âmes brillantes, Celui qui rendrait ma vie vibrante. Parmi ceux qui surent tout donner, Combattre, créer, et s’enflammer. Mes frères d’instinct, mes compagnons, Mes poètes, mes vifs lurons. Renaud, Brel, ou bien Damien, Tous mes échos, tous mes refrains. Cheick Anta l’savant, Camus l’humain, Ou Chaplin dans son rire divin. Sur l’éternel manège astral, Élire un cœur, un idéal. Lumumba criant, Marley chantant, Ou l’indomptable Spartacus brandissant. Vivre en lion, en plume ou en glaive, Chanter, écrire, poursuivre un rêve. Sankara le brave, ou Malraux l’éclat, Léonard, génie aux mille combats. Naître hier, renaître demain, En marche libre, en libre chemin. Jouir d’un feu, d’un noble trépas, Et dans leurs traces poser mes pas. Baudelaire, Lorca, ou Cyrano, Leurs âmes vives, leur grand écho. Tous voiles au vent, en criant fort, Avec l’un d’eux bravant mon sort. Nelson Mandela, ou Jean Moulin, Le farouche éclat de leurs destins. Pour seule arme, leur fière allure, Pour amante, la liberté pure. Voltaire l’esprit, Rousseau l’élan, Ou l’intrépide Che Guevara vaillant. Même si le prix est lourd à payer, Être la flamme, être l’acier. Jaurès le juste, ou Hugo l’ardent, Galilée, esprit incandescent. Mais point de chaînes, ni de jeunesse, Ni d’âge tendre, ni de détresse. Épargnez-moi les jours fanés, Ô destin, soyez généreux, donnez ! Permettez à votre fils errant, De n’point mûrir en adolescent. Mais en Rabelais, en Don Quichotte, Ou pourquoi pas en Aristote. Placez-moi, je vous en conjure, Dans la cour des âmes qui durent. Peter Tosh ou Charlie Parker, Ou l’immense lumière de Roger Waters. Vite, les feux de la renommée, Les éclats du monde et de l’idée. Sartre pensant, ou Saint-Exupéry, Ou le vibrant Martin Luther King. Une voix d’étain, un cœur de bronze, Une plume vive qui toujours s’enfonce. Brecht l’audacieux, ou Pablo Neruda, Ou l’inflexible Socrate, là-bas. Les fiers sans peur, sans compromission, Nus face au vent de l’insurrection. Zapata le feu, ou Ronaldo le buteur, Camarade au front, sans nulle peur. Et les meneurs des causes perdues, Portant l’espoir dans les avenues. Malcolm X, ou bien Denzel Washingthon, Et le vieux rebelle de Proudhon. La lignée des âmes indomptées, Seigneurs, poètes, ou révoltés. Comme Toussaint l’Ouverture, Ou le fier éclat de Molière. Le train des braves et des audaces, Les indomptés aux farouches traces. Marlon Brando, ou James Dean, Et le facétieux esprit de Boris Vian. Enfin, pour dire toute la vérité, J’aime les voix des insoumis nés. Coluche riant, ou Brassens chantant, J’irais jusqu’à l’éclat de Ferré brillant. Mais si tant d’âmes vous embarrassent, Si le ciel refuse et se lasse, Alors jetez-moi dans l’oubli, Dans l’ombre d’un homme sans étincelle ici. En attendant que tout s’inverse, Que l’étoile guide ou me disperse, Accordez-moi ce vœu final, D’être un éclat dans l’universel. Faites-moi renaître, je vous en prie, En fils du vent, en fils d’oubli. En homme de rien, en vagabond, En croquant, en gueux, ou en bourdon. Et si le sort, par quelque loi, Ne peut m’offrir ce choix-là, Je prendrai, soumis à l’entrave, L’âme d’un autre, d’un cœur brave. En libertin, en bohémien, Tiens, en Mohamed, peut-être bien. [End]

