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02 Une soirée de trop

V6

Dix-sept ans. Un ballon crevé. Des rêves en vrac. Et cette peur ridicule… D'être le seul à dire non. Le matin, il est lycéen, le soir, il joue les durs, Il voudrait des épaules larges, alors il emprunte des armures. Des grands frères de fortune, des héros de parking, Des rois sans royaume, des seigneurs du rien. Ils lui parlent de respect avec des yeux de défi, Lui vendent une place au soleil dans un monde qui les fuit. Il rit quand il faut rire, il suit quand il faut suivre, Il préfère risquer sa vie plutôt que d'avoir l'air de la vivre. Un scooter, une nuit, trois ombres et des gants, Il sait que c'est une connerie, mais le silence est gênant. Alors il ravale sa peur, sa conscience et ses principes, Il confond être un homme et se jeter dans le vide. Et dans sa tête, ça murmure : « Si tu refuses, t'es personne. » La liberté tient à un fil, Mais la pression du groupe résonne. T'as voulu jouer les grands, t'as perdu ton enfance, Pour quelques regards de plus, t'as mis ta vie en balance. T'as voulu faire partie du décor, devenir quelqu'un, Mais quand les gyrophares s'allument, y a plus personne pour tenir ta main. Dix-sept ans, et déjà face au mur, Dix-sept ans, et l'avenir devient obscur. C'était juste un scooter, juste une nuit, juste un défi… Mais les « juste une fois » peuvent te coûter toute une vie. Le bleu des gyrophares repeint la nuit en cendre, Les grandes gueules se taisent, y a plus rien à prétendre. Les poches sont pleines de vide, les promesses sont parties, Les copains font les fantômes quand la réalité surgit. Menottes aux poignets, questions dans la gorge, Il découvre que la peur a le goût métallique des portes. Il pense à sa mère, à ses colères, à ses silences, À tous ces lendemains qu'il vient de mettre en balance. Le lycée, le ballon, les vacances, les projets, Tout paraît dérisoire quand le futur vient réclamer. Il voudrait dire « pardon », mais à qui, dans quel ordre ? À ceux qu'il a déçus, à lui-même, à ce monde qui déborde ? Il n'est pas né coupable, il n'est pas né criminel, Mais ses choix ont des conséquences, et la justice est bien réelle. On peut comprendre la chute sans effacer la faute, On peut tendre une main sans prétendre que tout s'arrête. T'as voulu jouer les grands, t'as perdu ton enfance, Pour quelques regards de plus, t'as mis ta vie en balance. T'as voulu faire partie du décor, devenir quelqu'un, Mais quand les gyrophares s'allument, y a plus personne pour tenir ta main. Dix-sept ans, et déjà face au mur, Dix-sept ans, et l'avenir devient obscur. C'était juste un scooter, juste une nuit, juste un défi… Mais les « juste une fois » peuvent te coûter toute une vie. Le courage, c'est pas de suivre. Le courage, c'est pas de frapper. C'est pas de risquer sa vie Pour que les autres te laissent exister. Et si dire non te fait perdre une bande, C'est peut-être que tu n'avais pas d'amis. Si tu dois te détruire pour qu'on te regarde, Alors demande-toi qui t'a vraiment choisi. Mathis n'est qu'un prénom, la rue en connaît des milliers, Des gamins qui cherchent une place et trouvent des portes verrouillées. Des enfants qui jouent les monstres pour cacher leurs blessures, Des adultes qui jugent la chute sans regarder les fissures. Mais comprendre n'est pas absoudre, et souffrir n'efface rien, Il faudra regarder les faits, réparer ce qui peut l'être, reprendre le chemin. Il reste une vie derrière les barreaux d'une erreur, Un avenir sous les gravats, une chance sous la peur. Il a dix-sept ans, pas encore écrit la dernière page, Il peut faire de cette nuit une leçon plutôt qu'une cage. Mais personne ne pourra choisir à sa place, demain, Ni ses amis, ni la rue, ni la justice, ni le destin. Un scooter. Une soirée. Une mauvaise décision. Et maintenant, Mathis… Qu'est-ce que tu vas faire de la suite ?