
[Intro] (vent violent sur la lande, harpe celtique lointaine, tonnerre étouffé) [Verse 1] Au sommet du Ménez-Hom, où le vent crie et gronde Dort un roi oublié, gardien d'un autre monde Marc'h — le cheval — tel fut son nom breton Il porte deux oreilles, fruit d'une malédiction [Chorus] Une voix ancienne pria pour son âme égarée Elle obtint des esprits une ultime clarté Le jour où de sa tombe, on verrait apparaître Une lumière au loin, alors il pourrait renaître [Verse 2] Un sort lui fut jeté par une main invisible Ses oreilles de bête devinrent chose horrible Il cacha son secret sous un voile de laine Mais le vent des collines répandit vite sa peine [Verse 3] Chaque barbier qu'il eut connut le même destin Car nul ne devait dire ce qu'il cachait enfin Un seul survécut, mais rongé de ce poids Il creusa dans la terre et hurla sa voix [Chorus] (reprise, portée par la harpe et les cordes) Une voix ancienne pria pour son âme égarée... [Verse 4] Du trou naquit un roseau, frêle et murmurant Un pâtre en fit sa flûte, et le vent, en jouant Fit chanter la vérité par-delà les vallées Marc'h porte oreilles de cheval, dans l'air propagée [Verse 5] Furieux, ivre de honte, il sema le trépas Puis la lande, à son tour, ne le pardonna pas Il dort là-haut depuis, entre pierre et bruyère Attendant qu'un rayon perce enfin sa prière [Chorus] (reprise finale, ample, intense) Une voix ancienne pria pour son âme égarée... [Outro] (harpe qui s'étire, vent qui hurle, fondu lent) Et le vent continue de hurler sur la lande Où dort un roi, entre ciel et légende

