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SUR LE FIL

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V6

Couplet 1 J’écris sur le fil, funambule au-dessus du vide, Chaque syllabe est calibrée, chaque respiration est lucide, J’ai des rimes qui s’imbriquent dans des schémas concentriques, Des phrases à double détente dans des métriques asymétriques. J’fais claquer les consonnes, j’étire les voyelles, J’fais des jeux phonétiques jusqu’à c’que la langue étincelle, J’empile les multisyllabiques sans perdre la mélodie, Chaque terminaison prépare la suivante dans une logique infinie. J’peux découper la mesure en fragments microscopiques, Puis recoller les morceaux dans un placement presque mathématique, J’change d’accent au milieu d’une phrase sans perdre le tempo, J’fais croire que je déraille juste avant d’revenir sur le bon mot. Refrain Sur le fil, sur le fil, chaque pas peut tout changer, J’fais danser les syllabes au-dessus du danger, Sur le fil, sur le fil, j’garde le contrôle du vide, Plus la cadence devient folle, plus ma diction reste précise. Sur le fil, j’fais monter la pression, Une mesure devient une autre, puis une autre interprétation, J’laisse un silence au bord du précipice avant l’impact : Une seconde sans un mot peut parfois peser plus lourd qu’un couplet. Couplet 2 J’ai des rimes internes en miroir, des échos en diagonale, Des rappels dissimulés qui reviennent fermer la boucle finale, J’pose une expression anodine, puis j’la transforme plus tard, Même mot, nouveau contexte : il devient complètement différent. J’fais des métaphores physiques avec des concepts abstraits, Des images cinématiques dans des raisonnements précis, J’peux parler d’une idée sans jamais prononcer son nom, La faire comprendre par trois images reliées dans la construction. J’alterne débit mitraillette et passages presque immobiles, J’fais respirer chaque silence entre deux frappes difficiles, J’accélère sur les consonnes, j’ralentis sur les voyelles, Puis j’termine sur une phase courte qui coupe la mesure en deux. Couplet 3 J’ai pas besoin d’empiler les mots pour prouver que je maîtrise, J’cherche la rime qui sert le sens, pas celle qui remplit la ligne, J’fais du technique qui reste musical, du précis qui reste vivant, Parce que le texte doit fonctionner même sans l’instrumental derrière. J’ai construit mon flow comme un système à plusieurs vitesses, Chaque changement de cadence correspond à une nouvelle faiblesse, Quand le morceau devient sombre, mes voyelles deviennent plus froides, Quand la tension monte, les consonnes deviennent plus étroites. Et quand le dernier kick disparaît, j’laisse la phrase suspendue, Pas de conclusion forcée, juste un dernier mot retenu, Parce qu’un texte lourd n’a pas besoin de hurler sa puissance : Il suffit qu’après le silence, tu te souviennes encore de la cadence. Outro Sur le fil, sans filet, sans détour. Une syllabe, un pas. Une mesure, un risque. Et toujours debout.