
đĂa mâest arrivĂ©đ€
08 Mars A toutes les femmes du monde đđ€đđ€đđ€đđ€đđ€đđ€đđ€đđ€ Jâme souviens dâla piĂšce, des regards qui glissent comme si jâĂ©tais transparente, Jâparlais, mais leurs oreilles faisaient semblant dâĂȘtre absentes. On mâdisait âcalme-toi, tâexagĂšresâ, comme si jâavais rĂȘvĂ© lâhistoire, Comme si ma peur, mes tremblements, câĂ©tait juste du théùtre. Jâte jure jâai criĂ© dans lâvide, mais lâvide avait leurs visages, Les mĂȘmes qui passent Ă la tĂ©lĂ© pour parler dâmorale et dâcourage. Et moi jâĂ©tais lĂ , seule, avec ma voix qui sâcasse en morceaux, Pendant quâeux protĂ©geaient les leurs derriĂšre leurs rideaux. On mâa demandĂ© pourquoi jâavais rien dit plus tĂŽt, Comme si la peur avait un chrono. Comme si survivre câĂ©tait dĂ©jĂ pas un combat chaque matin, Comme si la honte devait rester gravĂ©e sur ma peau et pas sur leurs mains. Mais Ă©coute... Ă©coute le bruit quâça fait Quand des milliers de voix refusent dâse taire. On sâra plus jamais dans lâombre Nos voix frappent comme des bombes MĂȘme si leurs cercles nous condamnent MĂȘme si leurs lois protĂšgent leurs Ăąmes La honte changera de camp Et nos cris traverseront lâtemps. Jâai vu comment ils parlent entre eux, comme si tout ça nâexistait pas, Comme si nos vies Ă©taient des lignes minuscules dans leurs contrats. Le pouvoir sâprotĂšge, câest vieux comme le monde, ça serre les rangs, Et quand une femme parle, soudain tout devient âpas si Ă©videntâ. Les plateaux tĂ©lĂ© veulent du calme, pas des vĂ©ritĂ©s qui dĂ©rangent, Alors ils coupent les mots qui pourraient fissurer leurs Ă©changes. Ils prĂ©fĂšrent dire âcas isolĂ©â, rĂ©pĂ©ter ça comme une priĂšre, Pour pas montrer lâcancer qui circule derriĂšre leurs lumiĂšres. Mais jâte jure que nos voix, mĂȘme cassĂ©es, trouvent toujours un chemin, MĂȘme Ă©touffĂ©es sous les rires ou les doutes des voisins. Et chaque fois quâune femme ose dire âça mâest arrivĂ©â, Un autre mur du silence commence Ă trembler. Tu croyais nos voix trop petites... Mais lâĂ©cho devient tempĂȘte. On sâra plus jamais dans lâombre Nos voix brĂ»lent comme des bombes MĂȘme si leurs noms sont des trĂŽnes MĂȘme si leurs lois nous emprisonnent La honte changera de camp Et nos cris feront trembler lâtemps. Jâvois les sĆurs qui parlent enfin aprĂšs des annĂ©es dâsilence, Leurs mots tombent comme des pierres dans lâocĂ©an dâlâindiffĂ©rence. Certaines pleurent, certaines tremblent, certaines hurlent dans le noir, Mais chaque vĂ©ritĂ© arrachĂ©e devient un Ă©clat dâespoir. Parce que non, on nâabandonnera pas câcombat, jamais, MĂȘme si les puissants jurent quâleurs noms resteront protĂ©gĂ©s. On sait trop bien câque ça coĂ»te dâgarder tout ça Ă lâintĂ©rieur, Câest un poison lent qui dĂ©vore le cĆur. Alors on parle, mĂȘme quand la voix tremble, mĂȘme quand la nuit est longue, MĂȘme quand leurs regards nous jugent, mĂȘme quand leurs lois nous rongent. Parce quâun jour faudra bien quâla honte trouve sa vraie maison, Et quâce monde regarde enfin la vĂ©ritĂ© en face sans condition. On tombe... Mais on sârelĂšve. Encore... Et encore. On sâra plus jamais dans lâombre Nos voix brĂ»lent comme des bombes Quâils dressent leurs murs dâarrogance On brisera leur silence La honte changera de camp Et nos voix vivront longtemps.

