
Cette chanson est dédiée à celles et ceux qui s'arrêtent encore pour écouter. À celles et ceux qui, avec quelques mots, une intuition, une émotion, beaucoup de patience et leurs petites mains sur un clavier, façonnent des instants de beauté là où d'autres ne verraient qu'un outil. La musique n'a jamais été une affaire de machines. Elle a toujours été une affaire de regards, de silences, de blessures, d'émerveillement et de partage. Si l'intelligence artificielle ouvre aujourd'hui de nouveaux chemins, ce sont encore des êtres humains qui leur donnent une âme. À tous ceux qui créent sur Suno, qui cherchent sans relâche la phrase juste, la voix qui bouleverse, l'accord qui éclaire un souvenir, merci. Vous prouvez chaque jour que la grandeur d'une œuvre ne se mesure ni à son budget, ni à son époque, ni aux outils qui l'ont rendue possible, mais à ce qu'elle fait naître dans le cœur de celui qui l'écoute. Cette chanson vous est dédiée. --------------------------------------- [VOIX I] J'ai appris la sagesse Chez les ivrognes du canal. Ils perdaient tout, Sauf leur manière De rire au nez des cathédrales. Le monde voulait des réponses. Ils fabriquaient des questions Avec un verre, Une chanson Et trois mégots sur le comptoir. Je leur dois plus Qu'à tous les livres. [VOIX I] On m'a proposé des couronnes, Des médailles, Des fauteuils bien cirés. J'ai répondu : « Les oiseaux n'ont jamais eu besoin D'un ministère Pour savoir voler. » Depuis, Les fonctionnaires me regardent Comme un défaut de fabrication. Ça me rassure. [Chorus] Nous n'avons rien. Alors tout nous appartient. Le vent, Les rues, Les silences, Les matins qui ne promettent rien. Les rois possèdent les cartes. Nous possédons les chemins. Et les chemins Se moquent des frontières. [VOIX II] Aime ! Même quand ton cœur Boîte comme un cheval blessé. Cours ! Même si demain T'attend déjà Avec sa gueule de vieux médecin. Vis ! Jusqu'à faire rougir Les horloges. Elles détestent Ceux qui oublient de compter. --- [VOIX II] La foule applaudit. La foule oublie. La foule adore construire Des piédestaux Avec les pierres Qu'elle lancera demain. Je préfère une poignée de mains Qui tremble À mille statues Qui bâillent sous les pigeons. [Chorus] Nous n'avons rien. Alors tout nous appartient. Les baisers volés, Les jurons magnifiques, Les défaites inutiles, Les victoires sans témoins. Le monde adore les propriétaires. Nous préférons Les passeurs de lumière. [VOIX III] La poésie N'est pas une réponse. C'est une fenêtre Qui refuse obstinément De devenir un mur. Les mots sont des animaux. Les dictionnaires Passent leur vie À essayer De les mettre en cage. Quelle drôle d'idée. [VOIX III] La mort m'attend. Je le sais. Elle est ponctuelle. Mais je voudrais Qu'elle arrive un peu essoufflée, À force de m'avoir cherché Dans les rues, Les ports, Les cafés, Les éclats de rire. J'aimerais qu'elle dise enfin : « Celui-là... Quel métier fatigant. » [Chorus] Nous n'avons rien légué Que des chansons. C'est peu. C'est immense. Car une chanson Ne nourrit personne. Mais elle empêche parfois Un homme De mourir Le cœur fermé. Alors chante. Pas pour convaincre. Pas pour gagner. Chante Comme on ouvre une fenêtre Dans une maison en flammes. Et si demain Le silence revient Réclamer sa place, Qu'il la gagne. Nous, Nous aurons au moins Obligé le monde À écouter Son propre souffle. [REFRAIN — LES TROIS]

