Nous vivons dans une étrange humanité, où nous assumons, depuis la nuit des temps, qu’on puisse brader la force et la vitalité des jeunes gens contre les « honneurs » de la guerre, les médailles de bravoure et les gestes de courage, les obsèques ritualisées des corps triturés qui, au mieux, laissent leurs survivants handicapés, blessés, et trop souvent des êtres traumatisés. Syndromes post-traumatiques d’une société qui choisit trop souvent de régler par les conflits armés ce que la diplomatie aurait pu gagner. Je ne sais pas comment, un jour, accepter cela au détriment de nos gars, de nos enfants, de nos fils. Les lobbys de l’armement exigent la vie de nos combattants. Or ces combattants sont nos jeunes gens, et parfois même des enfants. Je n’arrive pas à avaler cela, je n’arrive pas à digérer cela, je n’arrive pas à prendre en charge cela en transformant cette souffrance des jeunes en situation acceptable. Je n’arrive pas à réaliser que la transformation des garçons en victimes collatérales, du manque d’empathie sur le plan international, du manque de créativité dans la négociation des conflits, du manque de sympathie des humains les uns pour les autres, se transforme en destruction de jeunes vies. Quand on laisse la société se faire mener par des fabricants de canons, on ne s’étonne pas que de grandes nations se fassent diriger par des délinquants au passé criminel, montés au pouvoir pour éviter les jugements de cour et l’incarcération. Ce sont nos garçons qui risquent leur vie pour les gamineries de certains poltrons à la tête des nations.