
Nous avons fui cette capsule… Pour ne pas périr… Mais certains silences, Ne demandent qu’à s’ouvrir. Nous avons bâti nos refuges sous des cieux incertains, Apprivoisé la foudre, dompté la peur, forgé l’instinct. Loin des capsules à terre, nous évitions leurs appels, Car nous savions quel prix se cachait sous leurs étincelles. Plus tard, la terre s’est ouverte sur un jardin oublié, Des fougères millénaires, des rivières argentées. Nulle lueur corrompue dans leurs prunelles sauvages, Juste la vie qui persiste dans ce lieu sans nuages. Des griffes dans la poussière, des ailes dans le vent, Une horde à nos côtés, plus forte à chaque instant. Puis, dans un grondement sourd, le ciel s’est déchiré… Une nouvelle capsule vient de s’écraser… Aux armes, compagnons ! Sortez les griffes et les crocs, brisons la corruption ! Que résonne l’alarme vers l’horizon ! Une horde, un seul battement, unis dans l’extinction ! Trois raptors corrompus, quelques ombres déchaînées, Nos compagnons se déploient, les mâchoires serrées. On donne l’ordre, on encercle, on frappe avant qu’ils mordent, La première vague s’effondre, le calme et le silence s’accordent. Mais la capsule s’éveille, son mécanisme s’active, Une seconde vague déferle, une nouvelle offensive. Pas de géant, pas de fléau, aucune créature souveraine, Juste des corps qui s’écroulent et la poussière qui s’élève à peine. Le bleu brûle sous nos yeux, d’une clarté irréelle, L’autre était rouge sang, comme une plaie surnaturelle. Troisième vague, derniers coups, puis plus rien ne nous menace… Le bouclier se dissout, et des caches de butin s’entassent… À l’intérieur de ces coffres, des armes démesurées, Des selles et des armures aux reflets irisés. Un butin dont la puissance excède nos espérances, Pour quelques ennemis tombés sans réelle résistance. Je me souviens avoir combattu un dragon au cœur des flammes, Pour quelques pièces d’équipement et de simples armes. Ici, presque sans aucun effort, on nous livre un arsenal… Pourquoi tant de puissance offerte pour un triomphe aussi banal ? Et si chaque monde nous préparait au suivant, Si chaque victoire n’était qu’un seuil dissimulant Une épreuve plus vaste, un défi plus exigeant ! Un dessein dont nous ne sommes que des pions ignorants ? Pourquoi nous armer… Pourquoi nous protéger… Pourquoi nous récompenser… Avant même de nous éprouver ? Aux armes, compagnons ! Sortez les griffes et les crocs, effaçons la corruption ! Que résonne l’alarme vers l’horizon ! Une horde, un seul battement, refusant l’extinction ! La capsule est vidée. Nos mains sont armées. Mais au vu de tout ce que nous venons d’amasser… Que sommes-nous censés affronter ?… Une intuition, Un frisson… Un mauvais pressentiment… Qui nous glace le sang… …

