
On dit qu’un soir de Noël, dans une maison glacée, un vieux miroir s’est éveillé, seul dans la pénombre. Il ne montrait plus l’enfant debout devant lui, mais une ombre ancienne, fragile… prête à naître. Dans la surface tremblait un visage inconnu, celui qu’il avait caché pendant des années. Une forme pale, silencieuse, qui attendait son heure pour sortir. Et la chambre s’est figée, comme si le souffle du verre avait éteint la lumière. Car le miroir choisit, et jamais il ne se trompe. Celui qui reste trop longtemps, il le prend doucement. Il vole les yeux, il vole les couleurs, il façonne ce qui souffre. Et quand le reflet s’achève… on ne revient jamais. Les vieilles du village murmuraient autrefois : « Ne regarde pas le verre la nuit. Il garde la mémoire comme la glace, et des mains que personne ne voit. » Certains juraient avoir vu l’enfant changer, ne plus reconnaître son propre pas. Tourner la tête vers des voix étranges, venues du fond du miroir. Et le verre a souri, d’un sourire que nul vivant ne devrait contempler. Car le miroir choisit, et jamais il ne se trompe. Celui qui reste trop longtemps, il le prend doucement. Il vole les yeux, il vole les couleurs, il façonne ce qui souffre. Et quand le reflet s’achève… on ne revient jamais. Et l’on dit qu’encore, chaque nuit de Noël, quand le monde est froid et vide, le miroir cherche un autre visage, un autre cœur à modeler. Si une ombre apparaît dans ta vitre, là où personne ne devrait être, souviens-toi simplement de ceci : Le miroir choisit toujours, et toujours il veut un autre. Garde ton regard loin de lui, car le verre a faim. Celui qu’il prend, celui qu’il reforme, il ne le rend à personne. Dans la nuit de Noël… une âme devient miroir.

