
Les souvenirs font du bruit dans les poches du silence, Et moi je sers ma nuit… à la louche de l’absence. [VERSE 1 J’ai une couronne de cuillères, un royaume d’étain, Je souris comme un prince… avec le cœur en grain. Fourchette dans la main gauche, louche dans la main droite, Je dîne avec mes regrets—ça gargouille, ça me broie. Des photos dans la gorge, des noms dans la poussière, Des “reviens” jamais tenus, des adieux ordinaires. Je marche en costume riche, mais l’âme est en lambeaux, Un désespéré poli, qui se tient droit… de travers, comme il faut. [PRE-CHORUS Et chaque pas me ramène À la même table, au même froid. Je sens l’odeur des années, Le goût métallique de “pourquoi”. [CHORUS Je suis le roi des couverts, le clown du souvenir, Je brille au bord du noir, je n’arrive plus à fuir. Ça tinte dans ma tête, ça raye dans ma mémoire, Je danse avec la perte, au ralenti, dans le soir. Je suis le roi des couverts, et mon trône est trop petit, Pour contenir mes fantômes, mes “si seulement”, mes “tant pis”. Alors je lève ma louche, je trinque au désespoir, Et j’avale mes images… comme on avale un miroir. [VERSE 2 J’ai des taches sur la peau que le temps ne sait pas laver, Des éclats de rires morts collés sous mes paupières. Je fais le beau, je fais le fort, je fais tourner la salle, Mais dedans c’est une cave—et l’écho me dévale. Les souvenirs, c’est des clous plantés dans du velours, Ça tient debout la façade, ça saigne les beaux jours. Je veux dormir sans replay, sans film qui se repasse, Mais le passé me rappelle… et me recoud à la glace. [PRE-CHORUS 2: Encore un tour de piste, Encore un rire en carton. La musique fait semblant, Et moi je craque en dedans. [CHORUS Je suis le roi des couverts, le clown du souvenir, Je brille au bord du noir, je n’arrive plus à fuir. Ça tinte dans ma tête, ça raye dans ma mémoire, Je danse avec la perte, au ralenti, dans le soir. Je suis le roi des couverts, et mon trône est trop petit, Pour contenir mes fantômes, mes “si seulement”, mes “tant pis”. Alors je lève ma louche, je trinque au désespoir, Et j’avale mes images… comme on avale un miroir. [BRIDGE: Si je retire la couronne… qu’est-ce qu’il rappelle de moi ? Un homme qui fait le drôle, ou un homme qui ne tient pas ? J’ai le cœur en vitrine, la tristesse en argenterie, Je veux une porte, une chute… n’importe quoi qui finit. [FINAL CHORUS Je suis le roi des couverts, et je rends les armes aussi, Que ça brille une dernière fois, avant la nuit, avant l’oubli. Ça tinte dans ma tête, ça raye dans ma mémoire, Mais je chante sur les ruines—et je les dresse en histoire. Je suis le roi des couverts, le clown du souvenir, Je tombe avec élégance… sans réussir à mourir. Alors je lève ma louche, je ris dans le noir, Et j’avale mes images… comme on avale un miroir.

