Le réveil est un couteau rouillé Qui fouille dans l’os, cherche un abri Chaque aube est un coup de marteau Sur l’enclume froide de mon repos Je compte les secondes comme des cailloux Dans la gueule sèche du temps qui coule Et ma colonne vertébrale est un escalier Où monte, chaque jour, la même écorchée Alors je deviens chacale, je ris dans l’ombre Je mords la nuit qui me submerge Mes hurlements sont des prières A un dieu sourd qui préfère Le silence des bêtes qu’on parque Je suis la chacale, je suis la marque De cette douleur qui ne s’éteint pas Elle danse en moi, elle est mes pas. En blouses blanches ils parlent en latin Des nerfs de mon destin Mais ils ne savent pas le goût du fer Que laisse l’aube dans ma chair Chaque pulsation est un marteau-piqueur Qui creuse un puits dans ma vigueur Je voudrais rugir à en fendre la terre Pour que le bruit noie mes colères Qui me consument de l'intérieur Et font grandir toutes mes peurs. Alors je deviens chacale, je ris dans l’ombre Je mords la nuit qui me submerge Mes hurlements sont des prières A un dieu sourd qui préfère Le silence des bêtes qu’on parque Je suis la chacale, je suis la marque De cette douleur qui ne s’éteint pas Elle danse en moi, elle est mes pas. J’ai voulu l’arracher, cette racine La jeter en pâture aux collines Mais elle est mon ombre, elle est mon chien Celle qui mord celle qui tient Alors j’ai cessé de fuir sa gueule J’ai posé ma main sur sa gueule Et j’ai senti le poil, le souffle chaud Le pouls de la bête sous mon manteau. Je ne suis plus la chacale, je suis sa cage Nous partageons le même orage Elle ne hurle plus pour déchirer Elle hurle pour me rappeler Que vivre est un combat de sourds Où l’on apprivoise ses propres vautours Alors je l’accepte, cette bête en moi Elle n’est plus mon bourreau, elle est ma loi. Et si je ne peux pas l’éteindre… Alors j’apprendrai à danser avec elle. Un pas de chacale. Un pas de moi. Et la douleur… …devient mon rythme. ©️ @elaine_ln/LnP. Tous droits réservés.