
On s'aime encore… Je crois. C'est peut-être ça, le plus étrange. Parce qu'hier soir, tu dormais dans mes bras comme si le monde allait bien. Et ce matin, on cherchait déjà qui avait commencé. J'ai appris la façon dont tu bois ton café, les jours où tu veux parler, ceux où il faut me taire. Je connais tes silences, tes colères, tes secrets, je sais quand tu souris pour cacher que tu espères. J'ai changé quelques routes pour croiser les tiennes, j'ai fait de mes dimanches des morceaux de semaine. J'ai porté tes soucis comme on porte une reine, sans jamais demander ce que ça me ferait. Au début tu me disais : « Avec toi, tout est différent. » Alors j'ai voulu devenir celui qui durerait longtemps. Mais quand j'apporte des fleurs, tu regardes le vase. Quand je répare le mur, tu regardes la fissure. Quand je te donne mon temps, tu demandes pourquoi pas davantage. Et moi je souris encore… Comme si l'amour était une maison qui pouvait toujours gagner une pièce. On s'aime encore, mais jamais comme il faut, On se rapproche pour mieux chercher le défaut. Je pose une pierre, tu demandes un étage, Je tourne une page, tu relis le passage. Je donne mes jours, tu comptes mes erreurs, Je dépose mon cœur, tu mesures sa valeur. Et pourtant quand tu dors contre moi, J'oublie tout ce qui ne va pas. On s'aime encore… Alors pourquoi l'amour devient-il toujours un combat ? Il y a des soirs où tu ris contre mon épaule, où tu me dis que nous deux, ça pourrait être beau. On refait notre vie au milieu des paroles, et je redeviens l'homme que tu trouvais si beau. Puis le lendemain, une phrase de travers, un regard trop longtemps posé sur le silence. Une vieille blessure ressort de l'hiver, et nous voilà tous deux à défendre notre enfance. Je ne suis pas parfait, je le sais mieux que personne. Mais parfois j'ai l'impression que même mes progrès t'étonnent. Comme si chaque effort que je fais ouvrait une nouvelle question. Alors je recommence. Je cherche les bons mots, la bonne heure, le bon geste. Je deviens plus patient, plus présent, plus tendre. Mais je découvre quelque chose : plus je vais vers toi, plus l'horizon recule. On s'aime encore, mais jamais comme il faut, On se rapproche pour mieux chercher le défaut. Je pose une pierre, tu demandes un étage, Je tourne une page, tu relis le passage. Je donne mes jours, tu comptes mes erreurs, Je dépose mon cœur, tu mesures sa valeur. Et pourtant quand tu dors contre moi, J'oublie tout ce qui ne va pas. On s'aime encore… Alors pourquoi l'amour devient-il toujours un combat ? Peut-être que je ne suis pas le problème. Peut-être que toi non plus. Peut-être qu'on s'est simplement rencontrés avec deux façons différentes de demander à l'autre : « Est-ce que tu m'aimes encore ? » Toi, tu cherches une preuve. Moi, je donne une présence. Toi, tu regardes ce qui manque. Moi, je regarde ce qu'on a. Et parfois… nous sommes deux personnes qui se battent pour la même chose sans jamais parler la même langue. Je ne veux plus être ton héros. Je veux juste être ton homme. Pas celui qui réussit tous les tests. Pas celui qui devine toutes tes attentes. Celui qui reste. Même imparfait. Même fatigué. Même quand nous ne savons plus qui a raison. On s'aime encore, et c'est ça qui me fait peur, Parce qu'on pourrait tout sauver si l'on arrêtait d'avoir peur. Je pose une pierre, viens t'asseoir près de moi, On n'a pas besoin d'un étage de plus que ça. Je donne mes jours, donne-moi tes erreurs, Je ne veux plus compter, je veux compter sur ton cœur. Et quand demain tu dormiras contre moi, Promets-moi seulement de ne pas chercher pourquoi. On s'aime encore… Et peut-être que ça suffit cette fois. J'arrivais les bras chargés de printemps. Tu cherchais déjà les feuilles mortes. Aujourd'hui… je ne veux plus refaire la maison. Je veux simplement rentrer chez nous.

