[Intro] (Voix féminine, lointaine, spectrale :) Chom… chom, chom… Chom… chom, chom… [Couplet 1] Une seule surface étendue sous mes pas, Je chemine lentement, sans désir, sans émoi. Pourtant, dans l’air stagnant, quelque chose murmure, Je retrouve toujours la même sépulture. Je repasse en ces lieux, encore, toujours pareil, Sous des cieux étrangers, sous le même soleil. (Voix féminine, lointaine, spectrale :) Chom… chom, chom… Chom… chom, chom… [Pré-refrain] Nul commencement, nul terme à l’horizon, Le monde en moi s’enroule et devient ma prison. (Voix féminine, lointaine :) Chom… chom, chom… Chom… chom, chom… [Refrain] Je reviens toujours au même endroit, Tel un damné que nul sommeil n’endort. Je cours, je cours, mais le temps ne fuit pas, Il se tord sous mes pas comme un serpent d’or. Sur le ruban maudit, j’ai perdu jusqu’à mon nom, Mais la mort elle-même oublie ma déraison. (Voix féminine, lointaine :) Chom… chom, chom… Chom… chom, chom… [Couplet 2] Je cours, et sous mes pieds la terre se dérobe, Des visions sans visage autour de moi se forgent. Mille miroirs dressés dans l’espace livide Me rendent un autre moi, fantôme translucide. Mon reflet me précède et m’arrache à ma trace, L’envers rejoint l’endroit dans une étrange grimace. Un seul côté demeure, et pourtant mille vies, Mille morts en un corps que l’éternité lie. (Voix féminine, lointaine, spectrale :) Chom… chom, chom… Chom… chom, chom… [Pré-refrain] Le ciel se plie soudain comme une feuille morte, Et je sais désormais ce que le vertige apporte. (Voix féminine, lointaine :) Chom… chom, chom… Chom… chom, chom… [Refrain] Je reviens toujours au même endroit, Tel un damné que nul sommeil n’endort. Je cours, je cours, mais le temps ne fuit pas, Il se tord sous mes pas comme un serpent d’or. Sur le ruban maudit, j’ai perdu jusqu’à mon nom, Mais la mort elle-même oublie ma déraison. (Voix féminine, lointaine :) Chom… chom, chom… Chom… chom, chom… [Pont] Je façonne à présent l’espace et ses frontières, Je donne à mes désirs la force des prières. Je ferme l’infini sous un sceau de velours, Et je fais de ma cage un royaume sans retour. Je suis le prisonnier, je suis le geôlier, Je suis le champ maudit où je suis enterré. (Voix féminine, très lointaine :) Chom… chom, chom… Chom… chom, chom… [Montée instrumentale — ad-libs en falsetto, de plus en plus éthérés] [Refrain final] Je reviens toujours au même endroit, Mais désormais la boucle obéit à ma voix. Je plie le monde entier au creux de mes deux mains, Et j’efface à jamais la frontière du matin. Sur le ruban, debout, je contemple l’infini, J’ai vaincu le tombeau, j’ai dérobé la vie. (Voix féminine, lointaine :) Chom… chom, chom… Chom… chom, chom… [Outro] Une seule surface, une seule ligne, Je suis le chemin, je suis le signe. Nulle naissance ici, nul adieu dans le noir, Je marche éternellement au bord de ma mémoire… Juste moi… (Voix féminine, presque murmurée, disparaissant dans l’écho :) Chom… chom, chom… Chom… chom, chom…


