
J’suis pas vraiment là, mais j’suis pas vraiment parti Le cœur au ralenti, l’esprit sous anesthésie J’marche sur des souvenirs qu’ont plus d’goût, plus d’couleurs J’parle tout seul dans ma tête, mais c’est moi qu’écoute plus J’vois les jours passer comme des pages sans texte Y’a des silences qui pèsent plus lourd qu’les cris qu’on laisse Trop d’pensées dans l’crâne, pas assez dans l’vent Trop d’cicatrices fraîches pour marcher droit dans l’présent J’me regarde sans me voir, j’réponds sans entendre J’suis un fantôme avec une voix qu’personne comprend Alors j’écris, ou j’étouffe J’réfléchis, ou j’souffre J’parle même quand j’me tais Et j’pleure même sans les larmes Trop lucide pour rêver, trop rêveur pour agir Trop sincère pour tricher, trop rusé pour souffrir J’fais semblant d’aller bien, mais j’me noie dans le décor J’ai le cœur trop vivant pour être vraiment mort Trop d’espoir dans mes peurs, trop de peurs dans mes envies J’parle en silence, j’me tais quand la douleur me crie Trop de poids sur les épaules pour rester droit Mais trop fier pour plier, même quand j’me noie J’suis un paradoxe qui marche à l’envers Un feu glacé, un éclair dans l’hiver Ni ange, ni démon, juste un homme en miroir Trop loin pour revenir, trop tôt pour tout foutre en l’air Trop libre pour rester, trop lâche pour partir Trop d’amour pour haïr, trop de haine pour guérir J’me mens en vérité, j’vis vrai dans mes mensonges J’ai tout dit dans le silence, chaque battement me ronge Trop sensible pour l’armure, trop cassé pour guérir Trop d’envie dans mes freins, trop d’freins dans mes désirs Trop tard pour changer, trop tôt pour renoncer J’suis le flou entre les lignes que personne veut tracer J’suis un paradoxe qui marche à l’envers Un feu glacé, un éclair dans l’hiver Ni ange, ni démon, juste un homme en miroir Trop loin pour revenir, trop tôt pour tout foutre en l’air Trop d’vérités dans mes mensonges, trop d’mensonges dans mes aveux J’me cherche entre les ombres, j’avance même quand j’veux plus Trop fatigué pour dormir, trop éveillé pour rêver Trop vivant pour mourir, trop mort pour exister Trop fort pour être nul... Trop nul pour être fort... Et j’reste là. Entre les deux. Paradoxe.


