
Çà, bergers, assemblons-nous
Çà, bergers, assemblons-nous, Allons voir le Messie ; Cherchons cet enfant si doux, Dans les bras de Marie : Je l'entends, il nous appelle tous : Ô sort digne d'envie! Laissons là tout le troupeau ; Qu'il erre à l'aventure : Que sans nous sur ce coteau, Il cherche sa pâture ; Allons voir dans un petit berceau, L'auteur de la nature Que l'hiver par ses frimas, Ait endurci la plaine ; S'il croit arrêter nos pas, Cette espérance est vaine ; Quand on cherche un Dieu rempli d'appas, On ne craint point de peine. Sous la forme d'un mortel, C'est un Dieu qui se cache ; Du sein du Père éternel Son tendre amour l'arrache ; En victime il se livre à l'autel, C'est un agneau sans tache. Faisons retentir les airs Du son de nos musettes, Accordons, dans nos concerts, Timballes et trompettes ; Célébrons le Roi de l'univers, Il est dans nos retraites. Sa naissance sur ces[1] bords Ramène l'allégresse : Répondons par nos transports, À l'ardeur qui le presse ; Secondons de nouveaux efforts, L'excès de sa tendresse. Nous voici près du séjour Qu'il a pris pour asile ; C'est ici que son amour Nous fait un sort tranquille ; Ce village vaut, en ce grand jour, La plus superbe ville. Qu'il est beau! Qu'il est charmant! De quel éclat il brille! Joseph passe vainement Pour le chef de famille ; Le vrai Père est dans le firmament, La Mère est une fille. Dieu naissant, exauce-nous, Dissipe nos alarmes ; Nous tombons à tes genoux, Nous les baignons des larmes. Hâte-toi de nous donner à tous La paix et tous ses charmes.

