
Quand j’étais jeune, j’étais amoureux de l’amour. J’essayais de découvrir toutes les femmes à travers chacune d’elles. J’étais comme un hérisson face aux hommes : je les tenais à distance, non par manque d’intérêt humanitaire, mais parce que je ne me reconnaissais pas beaucoup à travers eux. J’avais un bon nombre d’amis masculins, mais ils avaient tous en commun une pensée analytique, beaucoup plus académique que clanique, beaucoup plus artistique que sportive. J’ai toujours été un bonhomme religieux. L’aspect mythique, mythologique, théologique me fascinait. L’amour de certains sports m’est advenu en vieillissant, lorsque j’en ai compris l’aspect social et solidaritaire. C’est pour cela que je ne suis ni usé, ni fatigué, ni désabusé face au sport. C’est un sujet relativement neuf dans ma vie, même si je regardais le hockey depuis ma jeunesse. Je regardais le hockey à la manière d’un détecteur de mouvements, incapable d’une pensée de synthèse. Aujourd’hui, je regarde le hockey à la manière d’un père de famille. Je pose un regard patriarcal sur ce sport national. J’observe le hockey avec une lentille rétrospective, en répondant sans cesse à la question : qu’est-ce que cela signifie ? Je suis toujours charmé par la beauté des jerseys, par la transposition iconographique entre les regroupements, les clans territoriaux de performance, et le rapport qui existe entre ces groupes d’athlètes et le milieu urbain dans lequel ils évoluent. Ce sont des transcripteurs de subconscients collectifs, des meutes, des chevaliers modernes des tournois médiévaux. Je regarde le hockey comme un rabbin lit la Torah.

