
[Intro: loud realistic horse gallop, many horses, hooves close and wide stereo, strong wind, no music] [Sudden full silence] [Very sharp whip crack, dry and loud] [Short silence] Ode au Colorado, j’ai rompu mes misères, Sous la botte des lords, j’étais glèbe et poussière ; Ici, le vent m’absout d’un baptême de feu, Et fait de mes haillons un drapeau furieux. [Deep didgeridoo drone + soft atmospheric electric guitar enters, male voice modern, smooth, semi-sung] Les mustangs, ouragans sous des peaux de comète, Cousent d’or les plateaux que leur tonnerre entête ; Je lis dans leur encolure un ciel indéchiffré, Et j’y jette ma corde, oracle refermé. [Sharp whip crack accent, subtle electronic pulse begins] Mon lasso, serpent vif, fait boucle et fait doctrine : Il prêche par le nœud la loi qui m’endoctrine ; Au cercle de la corde où s’étrangle l’essor, Je tiens entre mes paumes un futur fait de tors. [Horse hooves rhythm blends with soft electronic beat, guitar grows slightly] Ils ruent : forge d’airain où ma peur se martèle ; Je scelle mon destin au défaut de leur selle ; Le mors parle à la mort quand la bête a du cœur, Et mes rênes, mes reines assoient mon ardeur. [Whip crack with echo, guitar more present, modern texture] Je bride leur tempête en débridant mon âme, Je gagne leur confiance en perdant ma vieille flamme ; À coups de chutes d’homme et de montées d’espoir, J’apprends à faire plier le vent sous mon pouvoir. [Electronic pulse + gallop rhythm intensify, layered guitar] Je vends des ciels captifs au prix de leurs sabots, Je mène en enclos l’aube et marchande le galop ; De pâture en pâture où s’entasse le jour, Je fais paître la chance aux clôtures du retour. [Sharp whip crack] La nuit, des feux veillent aux lisières du monde, Des arcs bandent le droit que ma conquête sonde ; Le plomb répond au chant, je garde mon troupeau Et défends, mors aux dents, le revers des plateaux. [Drop intensity, remove beat, keep ambient guitar and wind, distant gallop returns] Nul n’est pur sous ce ciel où saigne la frontière ; Je porte dans mon pain leur ombre coutumière ; Mais l’aube, souveraine aux procès des bourreaux, Verse à mes horizons des barils de troupeaux. [Minimal sound, voice more intimate, almost spoken, light guitar] Ode au Colorado, de grès et d’ocres chauds, J’y prends rênes et reines au galop des troupeaux ; Et du joug des manoirs à l’ivresse des ambitions, J’agrandis mes chemins à la taille des horizons. [All music stops completely, only realistic horse gallop continues, wide stereo, slowly fading into distance until silence]

