
(Intro) Ouais… On voit le sourire… mais on voit pas le reste… On voit jamais le reste… (Couplet 1) Je souris sur la photo, je fais semblant d’aller bien Je range sous les tapis les mots qui dans ma tête résonnent Y’a des silences trop lourds pour tenir dans la main Y’a des nuits trop longues où je parle à personne Je fais genre solide mais j’suis fissuré dedans J’ai appris à maquiller les tempêtes en beau temps Chaque rire est un masque, chaque regard un détour J’évite mes propres pensées comme on fuit un vautour Ce que je tais me ronge la peau, ça frappe en moi beaucoup trop Ce que je tais c’est une prison sans barreaux mais aux murs trop hauts J’ai cousu mes cris sur la langue, le silence me tient en laisse Ce que je tais c’est du vide, un venin lent, lucide qui m’oppresse (Refrain) Ce que je tais… personne l’entend Même quand j’crie, ça sort en silence lent J’empile les jours comme des bombes à retardement Et j’prie pour qu’mon cœur tienne encore un moment Ce que je tais… ça vit en moi Ça prend la place, ça parle pour moi Je souris fort mais au fond j’sais Qu’le vrai moi-même… je l’ai enfermé (Couplet 2) Y’a des bleus qu’on montre pas mais qui changent la flamme Des cicatrices invisibles qui guident chacun d’mes pas Je raconte des blagues qui font rire même pas mon âme J’fais rire les autres pour éviter d’pleurer devant moi Je me jette partout pour faire taire le présent Le futur, le passé, tout s’emmêle lentement J’ai fait d’moi un terrain neutre, sans victoire, sans guerre Mais dans c’calme apparent, y’a un chaos qui prospère Ce que je tais me parle encore, ça crie plus fort quand je dors Des vérités qui brûlent la gorge, des mots qui saignent quand j’les forge Ce que je tais me mange vivant jour après jour calmement Un poison discret qui me tue , proprement (Refrain) Ce que je tais… personne l’entend Même quand j’crie, ça sort en silence lent J’empile les jours comme des bombes à retardement Et j’prie pour qu’mon cœur tienne encore un moment Ce que je tais… ça vit en moi Ça prend la place, ça parle pour moi Je souris fort mais au fond j’sais Qu’le vrai moi-même… je l’ai enfermé (Pont) Je parle plus bas pour ne pas réveiller l’ombre Elle ne dort jamais… elle fait semblant tapis dans un coin sombre J’empile les jours comme on empile les bombes En espérant qu’aucune n’explose dans ma tombe Mais y’a des nuits où tout remonte à la surface Où même le silence finit par faire du bruit en masse Où j’me regarde et j’me reconnais pas Comme si j’étais devenu quelqu’un que j’connais pas (Couplet 3) Ce que je tais c’est un poids mort accroché à mes accords Chaque note que j’écris porte un peu de mes torts J’rappe pour respirer, pour pas finir noyé Dans cet océan calme où j’suis en train d’couler J’ai appris à survivre, pas à vivre vraiment À sourire aux gens tout en m’évitant Si j’parle un jour, tout pourrait s’écrouler Alors j’garde tout en moi… quitte à m’abîmer (Outro) Je souris sur la photo… ouais… Mais toi tu vois quoi ? Parce que moi… Vois-tu J’me vois plus.

