J’essaie de saisir la quatrième dimension de l’instant-déjà —
 Celui qui glisse, celui qui me fuit,
 Et devient un nouvel instant-déjà
 Qui disparaît aussitôt qu’il a pris vie.
 Chaque chose existe dans son temps
 Une existence dans l’air que j’respire,
 Et moi, j’veux m’emparer de cet instant,
 Ce point minuscule que l’âme aspire. [Pré-Refrain
] Les instants éclatent comme des feux silencieux,
 Des pétales d’atome planent en un vol gracieux.
 Je tends les mains vers leur poussière,
 Mais l’actualité me traverse, légère. [Refrain
] Je veux posséder les atomes du temps,
 Toucher le présent qui se défile,
 Saisir le vivant dans son mouvement,
 L’empêcher de partir à la dérive. 
 Je veux capter mon propre jamais,
 Le retenir avant qu’il ne cesse.
 Je suis fragmentaire, homme imparfait,
 Mais je renais pour disparaître. [Couplet 2
] Je parle de l’instant comme on parle de la vie,
 Je cherche à lui ressembler, à me dissoudre en lui.
 Je me divise en milliers de fois,
 Autant qu’il y a de secondes qui passent,
 Car tout vacille et tout s’efface,
 Et je me retrouve en éclats.
 Je ne me compromets qu’avec ce qui naît,
 Avec le temps qui me façonne en secret. [Pont
] C’est seulement dans le temps
 Qu’il reste un lieu pour moi —
 Un abri qui s’étend,
 Un souffle, une voie.
 Je me suspends à ce qu’il me donne,
 À ce qu’il emporte et abandonne. [Refrain final
] Je veux posséder les atomes du temps,
 Sentir le présent au bout des doigts,
 Le retenir dans un battement
 Avant qu’il ne s’enfuie sans moi.
 Je veux fixer mon propre destin
 Le regarder brûler encore —
 Je suis fragmentaire, je suis humain,
 Et je vis dans le tempo du corps…